Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
  L'étang du Deffois 2
Une des caractéristiques de la Franche-Comté consiste dans sa capacité à faire perdre au promeneur tous ses repères et à l'envouter. Ici pas de sommet émergeant auquel se raccrocher, pas d'horizons indélébiles servant de témoins, il suffit de tourner les talons pour ne plus rien comprendre à ce qui nous environne et s'il nous prend l'idée de nous enfoncer un peu plus, il faut d'ores et déjà accepter de nous laisser guider, sans essayer de nous rassurer, car pendant des temps indéterminés on peut ne pas avoir de perspective dégagée susceptible de nous permettre de reprendre notre souffle et de nous rassurer. Ici, si tôt après avoir quitté Saules, en nous enfonçant dans l'ombre d'un petit vallon, le regard se rétrécit à quelques dizaines de mètres, comme bloqués par l'épaisseur du rideau d'arbres et de végétation, ou par les falaises de roches grises se rapprochant de nous au fur et à mesure de notre descente. Rien ne vient perturber notre avancée, le monde semble s'arrêter aux limites de la vue. Serions-nous seuls au monde ? En tout cas, nous pourrions facilement le croire. Quand pourrons-nous en sortir ? Une tache de lumière perce pourtant la voute des arbres là où s'est formé il y a bien longtemps le petit étang. Vu la lumière qui rayonne en son extrémité, on pourrait croire que notre angoisse va cesser et que nous allons retrouver des terres plus hospitalières. Il n'en est rien, au bout du lac une cascade déverse le trop plein d'eau dans une chute abrupte sans permettre quelque descente que ce soit et pour aller où ? Je vous demande, en bas la forêt encore plus épaisse, couvre toute la vallée, peut-être qu'en suivant le cours de l'eau retrouverions nous les hommes. Trop périlleux tout ça, il vaut mieux faire le tour de l'étang et tenter de remonter sur le plateau. Plus tard, au sortir du bois là où les pâturages s'étirent comme de grandes écharpes vertes, une odeur piquante de petit lait nous rappelle que nous sommes dans un pays de fromages. Passé, l'arête ou on peut faire un tour à trois cent quatre-vingts degrés et voir de Mouthier à Montfaucon, là juste en dessous à quelques kilomètres au Sud, on voit déjà les vapeurs monter de la ville d'Ornans.
 

 
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Aquarelle de Franche-Comté: A l'étang du Deffois


 
L'aquarelle:
 Dans un travail de série sur un même lieu, le peintre développe de peinture en peinture une sorte de connivence avec son sujet, une complicité. Certaines choses font l'unité avec le travail précédent, d'autres à l'inverse en structurent les différences et l’originalité. Que chacun se rassure je ne me prends pas pour  Claude Monet.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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