Carnet de voyage


 

Les Fourgs, les granges Bailly, le Vitiaux, les Prises, autant de noms qui raisonnent dans l'esprit de bien des comtois comme des musiques incitant à liberté ouvrant sur des espaces d'évasion. Si le Jura est réputé pour sa froideur hivernale, pour ses soleils sur fond de bleu intense que nous aimons tant, il l'est aussi pour ses brumes épaisses glaciales qui se confondent avec la neige et qui rendent fou, le pauvre diable qui s'est aventuré, même les paysans du coin se plaisent à dire qu'ils pourraient se perdre dans le champ derrière chez eux. Et pourtant, ses paysages effacés nous invitent aussi à la rêverie et font perdre la notion des limites et du temps. Une nuit subite peut apparaître d'un coup pour disparaitre quelques minutes plus tard. Des poudrées de talc peuvent tout envelopper et ne laisser que des illusions. Même les bruits disparaissent pour ne laisser que des murmures. Par instant, un disque de lumière se dessine dans le ciel et projette des ombres nacrées ceintes de voiles saumon qui ondulent et se déplacent comme des fantômes avant qu'un rideau gris plus intense ne vienne tout effacer. Les routes ne mènent nulle part, le voyageur doit s'arrêter et n'est plus face qu'à lui même, peut-être touche- il là sa finitude?sa mort, n'est-il pas trop tard pour penser à mettre un peu d'ordre dans sa tête??

 

 
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Aquarelle de Franche-Comté: Chemin dans la brume


 

L'aquarelle:

Sur une feuille blanche, un lait de gris neutre très clair, quelques ombres , quelques touches légèrement ocrées et vous avez le plateau du jura enveloppé de ses brumes froides.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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