Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 

Source de la Loue (1)

Gustave Courbet aura peint treize tableaux des sources de la Loue. Je suis toujours impressionné par ces répétitions chez les grands peintres, répétitions qui n'en sont pas d'ailleurs, qui témoignent par contre de ce sens de l'approfondissement et de l'acharnement passionnel du travail du peintre. J'ai vu aussi les travaux de préparation, de rodage, de Charles Belle ou,à travers des centaines de dessins, il invente, éduque et automatise son geste, par des exercices de recherches et de répétitions qui me remplissent d'admiration.

J'essaie donc moi aussi de faire une part de ce voyage, certainement devrais je m'astreindre à peintre au moins treize fois, ou plus encore, ces sources pour prétendre comprendre quelque chose à cette démarche. À chacun sa place, il faut savoir rester modeste sans pour autant abandonner d'y voir un peu. Courbet ne faisait pas du tourisme et ses sources en disent plus sur lui qu'on ne croit. Bien sûr, les sources apparaissent comme un endroit extrême de son environnement, lieu mythique de cette Comté qu'il aime, qui le définit dans son originalité de peintre, c'est aussi l'expression de son recueillement, de son introspection en tant que naissance, matrice béance, d'où sort la vie, mais n'est-il pas plus intéressé par l'obscurité du gouffre que par la transparence de l'eau? Ou encore par la puissance qu'évoque cette falaise magistrale, cette minéralité sauvage?


 

 
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Aquarelle de franche-Comté: les sources de la loue


 

L'aquarelle.
J'avais peur de la carte postale, comment créer une ambiance comment transcrire cette impression d'écrasement que transmet la falaise ? Comment jouer sur la minéralité? Les volumes? La profondeur ? J'ai pris beaucoup de plaisir.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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