Carnet de voyage


 

Le marais de Geneuille


La Franche-Comté foisonne de petits endroits surprenants. Qui imaginerait qu'à moins de cinq cents mètres du village de Geneuille, on puisse trouver des marais qui fassent plus penser à l'Amazone qu'aux bords de l'Ognon. Il suffit de s'enfoncer dans les bois qui rivent la berge droite de la rivière, là dans un capharnaüm de branches cassées dans tous les sens qui compliquent considérablement la progression sur un terrain déjà bien difficile, ou il faut éviter les trous, les terrains regorgés d'eau ou l'on a vite fait d'enfoncer jusqu'aux genoux, les eaux stagnantes et sombrent semblent sommeiller. Le marais est une réserve pour les animaux, car peu de gens s'y aventurent. Par endroit l'eau a envahi les terres trop basses, créant un espace lumineux contrastant avec le sous-bois si opaque. L'eau stagnante s'est couverte par endroits de nappes de lentilles vertes se réfléchissant dans le soleil. Des touffes de joncs, d'herbes hautes ponctuent l'espace de leurs bouquets. Ça et là des troncs d'arbres, avalés par l'eau tentent encore de maintenir une partie de leur carcasse hors de l'eau comme s'ils avaient encore quelque chose à espérer. Les buissons, les arbres des berges penchent inexorablement vers cette béance qui, patiente, attend de les avaler. Remontant du cloaque, des bulles inquiétantes viennent éclater en surface, alors que de petits remous glauques animent l'eau pâteuse. On ne serait pas surpris de voir surgir de ces fonds obscurs un crocodile ou tout autre monstre aquatique peu sympathique qui donnerait de ce fait de l'objectivité à l'angoisse qui nous tient dans un tel endroit.


 

 
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Aquarelle de Franche-Comté: Marais de Geneuille


 

Aquarelle très difficile pour moi. Un challenge de plus qui m'a obligé à une grande concentration.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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