Carnet de voyage


 

Ornans, les balcons bleus.


Certains l'appellent la petite Venise, c'est peut-être trop audacieux d'autant que pour moi Ornans n'a pas besoin d'être comparée à une autre cité. La traversée de la ville par la rivière donne bien sûr une allure particulière au site, une sorte d'élégance, qui là, prend un sens encore plus particulier. Les maisons arrivent jusqu'à la rive et surplombent même les eaux. Souvent, les façades se terminaient par des balcons, la plupart du temps fermés de vitres, pour une raison bien simple, ces espaces servaient à chauffer en demi-saison, le coeur des maisons en emmagasinant les effets du soleil sur les carreaux, c'était aussi les endroits lumineux pour coudre et tricoter. Jusqu'à la moitié du vingtième siècle, ce n'était pas le côté de la ville qu'on montrait, la vie se passait à l'opposé, sur la place, ou sur la rue. Sur la rivière, c'était le coté des aisances et des rejets en tout genre, rendez vous compte que la ville disposait d'un abattoir au coin de la place en bord de Loue, le sang et bien d'autres choses devaient finir dans l'eau et lui donner une drôle de couleur. Le transport du bois se faisait aussi par la rivière qui charriait les troncs en en abandonnant certains de-ci de-là. Tout cela c'était aussi la vie et une époque. Courbet a du regarder tout ça avec ses yeux de peintre mais aussi  de contestataire. Le fait est qu'il n'a pas peint les maisons de bord de Loue. Aujourd'hui, c'est l'inverse, ces maisons aux balcons de bois se reflétant dans les eaux courantes sont de vraies images de cartes postales, provoquant l'admiration, l'émerveillement même des visiteurs. Ca n'a rien n’a voir avec le grand canal de Venise, ici nous sommes dans le populaire,  l'intime, l'imaginaire, le secret même. Ces façades austères  de pierre, de bois n'ont pas été faites pour plaire et séduire, elles ne montrent pas tout, loin de là, nous sommes en Comté, bien des histoires ancestrales traînent dans les placards ou dans les alcôves de ses demeures, donnant à leurs reflets des traits bien énigmatiques. La vouivre n'est jamais bien loin non plus.

 

 
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Aquarelle de Franche-Comté: Ornans


 

L'aquarelle

Ce site des maisons d'Ornans est peint tellement souvent qu'il est difficile d'être original, car il n'est pas question de réinventer le lieu. Il faut donc trouver moyen de créer une ambiance, une lumière, un éclat particulier. Dans cette aquarelle, j'ai cherché à lui donner du contraste ou une lumière et le ton bleu sont les liants du tableau.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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