Carnet de voyage


 

Besançon, thème encore à peine effleuré de ma création artistique, m'invite pourtant régulièrement à quelques effleurements. Pourquoi n'ai-je pas encore peint ma ville? Serait-ce pour la préserver? Pour me préserver moi même de son emprise? Peut-être encore est-ce pour me réserver cette intimité et cette proximité quand j'aurai plus de mal a courir mes terrains favoris? Mais ne me fait-elle pas peur? Pas sûr, n'ai-je pas peur de me louper? Probablement un peu tout ça et pourtant combien je l'aime cette ville, combien elle m'habite, combien avec passion, je la regarde, je la hume, je m'en imprègne. Nous sommes complices depuis plus de quarante-cinq ans dans une histoire d'amour envahissante, où elle m'a tant donné, là où moi même, je ne lui rendrai jamais assez. Alors en attendant de dépasser mes peurs, je tourne autour, je fais quelques petites choses comme pour me rôder, cela n'enlève rien à chacune de mes tentatives. Besançon fait partie de ces villes qui se fond dans le mental de ses habitants, plus qu'une ville, c'est une identité, c'est une appartenance, quand on y a goûté, elle ne vous lâche plus et ceux qui ont du s'en éloigner y reviennent à chaque fois qu'ils le peuvent et s'y retrouvent à toujours chez eux alors qu’ils vivent cet éloignement comme une privation de quelque chose. À chaque retour, ils se rechargent, des ondes, des sensations quelle transmet si généreusement, lesquelles s'impriment dans leur mémoire, comme un patrimoine génétique qui fait qu'on reste toujours bisontin.


 

 
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Aquarelle de Franche-Comté:Besançon


 

L'aquarelle

La gare d'eau, domaine redéfini en espace de promenade qui permet de tourner autour de la ville, j'ai voulu dans cette aquarelle partager cet espace vivant du fleuve transpirant dans les lumières des matins d'hiver.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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