Carnet de voyage


   
 
 
   
       
 
 
 
   
 
Nous sommes dans un des endroits les plus encaissés de la gorge. Les falaises sont par endroits à moins de dix mètres l'une de l'autre. La sensation d'écrasement et de profondeur est intense,  accentué par le minéral . On a vraiment l'impression d'être au coeur du monde dans les entrailles d'un univers sauvage. On ne sent pas pour autant  d'hostilité, bien au contraire les falaises dirigent le pas vers la lumière . Aujourd'hui le ruisseau est à sec, mais il faut imaginer les flots en période de crue, qui ravagent tout sur leur passage, accélérés par le rapprochement des murs de roche. C'est un véritable torrent qui débouche alors dans la vallée. Aujourd'hui nous sommes tranquilles à profiter de la lumière et des tonalités estivales, la rivière nous offre son lit avec tous ses trésors. Là tout reste de taille humaine, tout est franc , c'est du jura vrai et pur, intimiste, voué à ceux qui font le détour et qui apprennent à regarder. Cet univers est plus qu'un paysage c'est aussi le portrait des hommes qui l'habitent. La terre comtoise n'a jamais trahi son peuple, chacun s'en inspire, respire par elle et moi le premier. C'est ma terre, mon sang, mon territoire, j'en suis fière. Comme hier, les peintres comtois d'aujourd'hui perpétuent cet amour de notre pays en témoignant de sa force, de son authenticité. La Franche Comté n'est pas faite pour les voyageurs pressés, elle exige d'être apprivoisée, intériorisée, pour qu'elle livre plus que son charme naturel. Là le voyageur touche au sublime  et il hérite un peu de ce que nous sommes, nous, les comtois.
 

 
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Aquarelle de Franche Comté: Le puits noir de la Brême 2em


 

l'aquarelle.
Pour cette deuxième aquarelle je profite de l'expérience de la première . Je reproduis les tons avec facilité et je gère mieux l'espace du sujet. Les feuillages sont plus maitrisés et je me sens plus libre. J'arrive à accentuer la lumière en focalisant sur le fond de la gorge. Je laisse aussi plus de contraste avec des zones peu travaillées qui laissent des blancs et qui donnent de la profondeur et de la légèreté. Si Courbet cultive l'ombre par rapport à la lumière  dans ses tableaux du puits noir peut-être est ce parce qu'il s'inspire de moments particulièrement sombres ou peut-être est ce lui qui est sombre et mélancolique. Les gorges de la Brême en fin Aout sont plus révélatrices d'éclats de couleurs, d'une une sorte d'empilement de tons remplissant tout l'espace éclaboussant de lumière. Les gorges de la Brême ne m'inspirent pas l'introspection, mais plutôt   l'aventure et le rêve d'une nature vierge et insolente de beauté. On se sent porté dans cet espace canalisé vers le puits qui là est l'éclat d'un soleil inondant le fond de la rivière au bout du chenal.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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