Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
  Au sortir des gorges de la Brême ,l'espace s'ouvre sur la vallée de la Loue, la rivière passe sous un pont fait un lacet, hésite dans son parcours ou parfois elle va à droite  se perdre dans un gouffre ou à d'autres moments, à gauche, elle descend jusqu'à la loue se chargeant des eaux régurgitées par ce même gouffre qui fonctionne vous l'avez compris dans les deux sens.
Les fonds rocheux deviennent des vagues de ténèbres, d'un fleuve minéral, ou l'eau à disparue. Les arbres tordus mousseux, tels de grands spectres mythologiques  se penchent et vous regardent passer tout en vous effleurant de leurs grands bras. Au milieu de ce fleuve, un énorme monolithe, perdu, sorte de vaisseau  abandonné par quelque extra terrestre, témoigne, pétrifié, qu'ici, il n'y a plus de temps. Seule, perdue entre les arbres en aval, une luminosité vaporeuse, étrange, laisse quelques espoirs  d'en sortir peut-être, vers des espaces plus supportables pour nous, petits hommes, si fragiles, devant une nature si forte  et qui nous tient , nous possède entièrement . Mieux vaut l'accepter tout de suite, perdre  toute illusion  et s'abandonner complètement, le voyage n'en sera que plus expressif, peut-être vous y perdrez vous, vous en survivrez surement et tellement plus riches ,  initié à quelques mystères qui feront de vous un comtois plus profond et plus vrai.
Courbet n'a pas pu y être insensible mais il ne l'a pas peint, pourquoi? Ce gouffre est si proche de sa « Naissance du monde », tellement lié à son mental et à ce qu'il cherchait dans cet endroit, les profondeurs y sont si attirantes, d'où parfois jaillissent des eaux tumultueuses si troublantes, là il y a une vraie question pour moi car c'est contraire à la psychologie et la logique du peintre.
 

 
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Aquarelle de Franche Comté: Ornans, Les pertes de la Brême


 
Ornans les pertes de la brême.

L'aquarelle. Cinquième aquarelle du même site : la Brême , en faisant cette aquarelle je renoue avec une sorte d'intimité  ou je retrouve des mécanismes presque automatiques qui me font aller à la fois plus vite et plus profondément. . J'ai l'impression de pénétrer plus finement le secret de ce lieu ou se marient  lumières et ombres. La texture de l'aquarelle est plus fine et plus équilibrée. L'unité des tons lui donne une force plus grande. J'ai pris un grand plaisir et je comprends pourquoi les grands peintres comme Monet, Courbet,  faisaient des séries. Bien sûr la comparaison s'arrête là.  Combien d'aquarelles ferai je encore de cet endroit?
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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