Carnet de voyage


 
Ces gorges de la Brême ne sont pourtant pas bien longues et pourtant quelle richesse. Les sites se succèdent en cascades les uns après les autres, très différents , ils apportent chacun leur train d'émotions et de surprises, l'ambiance y est unique et recherchée, tantôt le végétal l'emporte, ailleurs le minéral impose sa règle . Parfois la lumière inonde tout l'ensemble, parfois, elle filtre au travers d'épais feuillages. Souvent la rivière semble avoir disparu, ailleurs on la sent toute proche seulement endormie. G Courbet  et ses puits noirs restent très présents. On peut dire que par ces toiles Courbet s'est peint lui même. Il écrit dans une lettre « superbe paysage  de solitude profonde » il y cultive une sorte d'enfermement accentué par l'organisation des plans et la perte de l'horizon ou l'oeil se heurte au murs sombres des rochers . Pour moi, en Août, les sites des gorges laissent plus de perspectives, le regard s'enfonce comme guidé par les roches des falaises et celles semées au sol comme des guides pour le chemin.
 

 
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Aquarelle de Franche Comté: Puits noir: Ornans 3


 
Le puits noir  numéro 3

Troisième aquarelle  de cet endroit magique . A la suite des deux précédentes je profite de l'expérience et de la même palette de couleurs. Faire une vraie série de peintures est une première expérience pour moi, mais quelle leçon? Quels bénéfices? On pénètre plus profondément le sujet, le cadre se met tout de suite en place, les techniques également. La cohérence de l'ensemble  et le mouvement s'organisent naturellement. C'est un délice.  J'invite tout peintre à se lancer dans cet exercice. Il est extrêmement enrichissant.  Ce qui m'a le plus satisfait c'est le travail sur le fond jaune et le pointillisme pour les feuillages. Une sorte de logique apparaît et guide le geste  dans une vraie connivence entre  le peintre et sa peinture. Une chose me choque encore dans le résultat final. J'aurais aimé accentuer la sensation de percée vers la lumière  en densifiant peut-être le premier plan, j'ai commencé et je me suis arrêté par  crainte de perdre de l'éclat de l'ensemble  car je ne veux pas rejoindre  Gustave Courbet en y apportant une obscurité que je ne vois pas et qui ne me correspond pas. Je trouve qu'il manque quelque chose.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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