Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Bonnieux

Il faut se laisser descendre sur la route qui mène à Lacoste pour qu'en bas des virages, à la sortie de Bonnieux, avant de traverser le vallon et de monter sur l'autre versant, éclate dans un écrin de verdure l'extrême gaieté d'un endroit intime et oublié. Il était pourtant, il y a bien longtemps la vraie entrée du village, un vieux chemin taillé dans la pierre en témoigne encore, courant dans l'ombre le long d'un aplomb jusqu'au plateau des premières vignes. Il distribuait l'accès aux domaines riverains, dont une splendide ancienne bastide endormie depuis longtemps, dont le pin royal a malencontreusement un jour d'orage ces dernières années, écrasé une partie de la toiture laissant la demeure ancestrale aux quatre vents, lui donnant une image de château hanté, silencieux, retenant dans ses broussailles, ou dans les pans de murs écroulés, les secrets d'une vie autrefois si bruyante, si vive de l'opulence bourgeoise des anciens propriétaires terriers. Les crevassent libèrent l'imagination avec des rêves colorés de soie, de taffetas et d'ombrelles de dentelle au milieu des roses et des arbres exotiques centenaires. On peut imaginer le maître de maison dans son costume sombre, debout sur le perron donnant sur la terrasse, le regard perdu dans le lointain entre les vignes et les crènelages de Lacoste, déjà inondé de soleil, sortant de la brume matinale. Malgré les ruines d'aujourd'hui, entre les fuchias des arbres de Judée en fleurs, les verts tendres du printemps, ce passage perdu, nous remplit de son charme fou.

 

 
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Aquarelle de Provence: Bonnieux,


 

L'aquarelle

Je la voulais gaie, simple, limpide, propre, comme le sentiment et les images qui m'envahissaient  là au petit matin.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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