Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 

Le chemin dans les collines

Il fut un temps où toute cette campagne de Provence était très habitée, les terres les plus reculées étaient cultivées. La Provence ressemblait plus à un jardin qu'à cette campagne sauvage d'aujourd'hui qu'on aime tant. Elle était copieusement traversée de mille chemins permettant les liens entre les gens, ou l'accès aux champs. Les plus stratégiques reliaient la campagne aux villes telles qu'Apt, Manosque, ou encore servaient à la grande traversée, celle des pèlerins de St Jacques. Beaucoup de ces chemins sont aujourd'hui abandonnés à la garrigue, les murs s'effondrent, les genets poussent au travers. D'autres sont mangés par les propriétés privées qui les coupent et les annexent, rompant ainsi le fils du voyage. Ils sont les mémoires vivantes de la vie des hommes lesquels passaient un temps important en transports, en cheminements. Ces déplacements, à l'époque, ne servaient pas qu'à aller à un endroit, but à atteindre au plus vite, le voyage avait sa propre logique, c'était une vie à lui tout seul que le voyageur investissait pleinement. Il n'y avait pas d'horaires, de cartes, de prévisions météo, le voyageur pouvait s'arrêter plusieurs jours, ici ou là, changer d'itinéraire, profiter d'une opportunité. Ces chemins parlent encore de tout ça. Dans un virage on trouve sellé à une pierre, au-dessus d'une auge ou coule encore une eau claire récupérée plus haut par une rigole dans la roche, les anneaux qui permettaient d'attacher les chevaux, là, derrière les fourrés, une petite chapelle surplombe la vallée, au dessus de sa porte, trône, dans son médaillon, la coquille de St Jacques, une borie de pierres plates nous rappelle que certains hommes se contentaient de peu et étaient bien loin de nos préoccupations de confort et de notre goût à amasser des biens matériels. Maintenant, on peut aussi oublier tout ça et se laisser porter par le charme de cette nature sauvage et indisciplinée, s'étendre sous les oliviers, humer les vapeurs du thym, de la sauge et s'enivrer de la course folle des nuages dans le ciel bleu.

 

 
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Aquarelle de Provence: Chemin dans les collines


 

L'aquarelle

L'aventure de cette peinture consistait dans la transcription de son ambiance, dans cette richesse des verts printaniers, dans fouillis végétal, tout en lui réservant une lumière éclatante.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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