Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Cistes cotonneux de Provence


Ce matin là nous étions parti à vélo de Buoux bien tôt, l'idée était de rejoindre Lourmarin en passant par la crête du Luberon . Après avoir gravi la pente très raide qui conduit de la ferme du Jas à la route de Claparêdes nous sommes allés prendre le chemin de Sivergues. Il faut se laisser serpenter dans les dentelles des vallons plongeant parfois jusqu'au plus profond et sombre virage pour mieux remonter en face, d'un coup, jusqu'au prochain belvédère, d'où on voit se dessiner la vallée de l'Aiguebrun. Nous avons connu ce hameau presque abandonné, aujourd'hui il est le refuge de quelques privilégiés mais qui ont le mérite d'avoir restauré le lieu qui menaçait ruine, mais qui malheureusement en ont fait perdre son coté mystérieux et nostalgique. Il faut encore gravir la pente et monter jusque chez Giani, au Castelas, qui nous a réservé un petit encas avec de la tomme de chèvre, comme il est seul à savoir la faire, arrosée d'un filet d'huile d'olive et d'un morceau de pain bis . Nous sommes ici sur la plus ancienne route du Luberon. Il nous reste à rejoindre le col, après à nous la route de crête, les bourrasques de vent et la descente vertigineuse jusqu'à Lourmarin. De là haut, on peut voir la mer dit-on, en tout cas la montagne Sainte Victoire est un bien beau cailloux, à chaque fois que je la regarde, j'ai une tendre pensée pour Jacqueline de Romilly. Au nord le Ventoux avec encore un peu de neige, comme un grand moine solitaire, veille sur nous. Le chemin de calcaire blanc brille au soleil, le thym, la sarriette, inondent l'atmosphère de leurs parfums enivrants. Sur le talus, les couches géologiques de roches viennent affleurer comme des vagues oubliées, pétrifiées par le temps. C'est là, entre les blocs que ces bijoux ont décidé d'éclore. Les cistes, toujours rares, hypnotisent notre regard. Leurs couleur passe du rose pâle, presque blanc, au rose des plus dense, mais toujours avec une pureté, un éclat, que je n'ai jamais vu sur une autre fleur. Comme surpris,après une tardive éclosion, la fleur s'est résolue, à renoncer à étaler ses pétales. Toute fripée, comme une pierre taillée, elle brille de mille facettes enflammées. Laissons les vibrer sous le vent et saoulons nous de cette descente folle pour rejoindre la famille au marché de Lourmarin.

 

 
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Aquarelle de Provence: Cistes cotonneux


 

L'aquarelle: quel challenge de rendre le fripé des pétales, l'éclat des couleurs. Ces fleurs là n'étaient pas environnées de leur feuillage, alors j'ai du inventer un fond qui me plait qu'a moitié.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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