Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

L'iris sauvage de Provence

Étrange histoire que celle de cette fleur, on la dit sauvage, mais l'est-elle vraiment? On la voit apparaître au hasard dans les garrigues, mais aussi souvent dans des sites où l'on devine encore la présence passée de l'homme, alors dans ces cas, ne serait-elle pas une ancienne fleur cultivée oubliée là? Qui aurait traversé le temps? Qui se serait resemée? Elle reste rare, elle est toujours dans un coin abrité des vents, au soleil, avec un peu d'ombre. Si elle n'a pas besoin de beaucoup d'eau, elle apprécie tout de même d'un peu d'humidité. L'iris, dite germanica, est le plus souvent mauve, mais il en existe des jaunes pales. Elles ont des couleurs subtiles et nuancées, transparentes. Elles arborent un panache de larges pétales en couronne . Si certains d'eux s'affalent langoureusement autour de la fleur comme repus de plaisirs, d'autres se dressent en coupes pour protéger en son milieu, un appendice flamboyant, triomphant, qu'on pourrait qualifier de clitoridien, d'une sensualité bouleversante. Cette fleur était très appréciée des Romains, qui l'appelaient Gladius, car en forme de glaive, ce n'est pas très poétique. Pourtant, ils aimaient en décorer leurs maisons, car elles étaient persistantes, elles donnaient des tons très lumineux à leurs intérieurs sombres, tout en dispensant un parfum subtil autant que puissant. Nous sommes loin d'une petite plante anodine, c'est plutôt une grande dame, un peu snobe, qui aime à se faire désirer, mais lorsqu'on la découvre au détour d'un sentier, on est toujours conquis, séduit, hypnotisé, au point qu'il faille vraiment s'arracher pour la quitter et l'abandonner à sa retraite sauvage.

 

 
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Aquarelle de Provence: Iris sauvage des collines


 
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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