Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 
 
 
   
 

C’est un grand moment luberonien.

Mont Furon sur une crête en balcon au dessus de Manosque regarde la montagne Ste Victoire  qui se dresse solitaire telle un vaisseau fantôme. A peine en contrebas, le moulin à vent avec ses grands bras qui fendent le ciel, regarde l’Ouest ou l’on devine presque, très loin, la vallée du Rhône.

Un sentier nous entraîne vers un ancien chemin qui s’incruste entre les couches rocheuses basculées par le pli  de l’épaulement nord du Luberon. Il suit la crête vers Mont Justin et plus loin encore jusqu'à Séreste. L’ambiance est magique. A nu les couches de sédiments s’empilent comme des mille feuilles. Genets, buis et lavandin, y poussent par bouquets tandis que dans les fonds, la mâche vert tendre, inonde le vallon d’Aigue belle jusqu’au Colombier.   

Mont Justin, tout au plus quelques dizaines de mètres de large correspondant à la tranche de la colline, offre un balcon des deux cotés. Au nord, Reillanne, Ste Croix en Lauze, Vachère qui se détache sur un fond de neige, mais encore, Viens, Séreste. Au Sud, la barre sombre et infranchissable du Luberon se dresse comme une énorme vague.    Le village est  mis en scène, tout est simple, mais quel charme ?  Des artistes y ont trouvé refuge dans le calme à l’abri des regards. Le chemin continue vers Séreste flanqué de beaux murs de pierres sèches que surplombent de vieux amandiers centenaires. Sous leur ombrage naissant des touffes de coquelicots éclatent au milieu des menthes. Au soir sur la place de Séreste, l’anisette restaure le marcheur pendant que le provençal se chante d’un bout à l’autre des tables. Un vrai morceau de Luberon, un des plus beaux.

 

 
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Aquarelle de Provence: MontJustin sur le chemin


 

De Mont Furon à Mont Justin

 

L’aquarelle  traite un paysage  avec un soleil de face qui produit une lumière forte et un effet de contre jour. Mon souci fut pour cette aquarelle, de rendre l’atmosphère, le caractère  minéral, sauvage  et rugueux  de l’endroit. Ce n’est qu’après de nombreuses reprises de tons  et une charge dans les ocres jaunes les verts et les ocres que le sens du lieu prit corps. Je suis très satisfait du ciel lequel rend bien la profondeur du paysage. L’arbre central en contre jour a été particulièrement difficile. Le ton froid ne se mariait pas avec le reste. Il me fallut lui redonner de la teinte. Quelques touches d’ocre rouge et même d’orange à divers endroits ont permis de renforcer  le climat d’ensemble.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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