Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
  Aux portes de Bonnieux

Nous revenions de Lacoste par un beau sentier, nous avions perdu Bonnieux de vue depuis un moment, quand au détour d'un gros arbre surplombant le chemin, nous sommes tombé sur ce paysage étonnant ou la riche flore de ce fond de vallon portait comme dans une coupe le village . Nous étions au niveau d'un lieu appelé Terres blanches. En contre bas une grande bastide se cachait dans un chaos de verdure. Plus bas le sentier suivait la propriété derrière un haut  mur laissant entrevoir parfois cette grande maison sobre mais imposante sous ses grands pins avec sa belle terrasse à balustres donnant sur le parc. Magique, c'est la demeure que chacun porte dans ses rêves. Devant sa grille bien fermée, je me laissai emporter par les songes d'une vie dans cet endroit, bercé par l'atmosphère sauvage, par les oiseaux réfugiés dans cet espace de douceur, ou le soleil filtré n'apporte que sa tendresse. Cette propriété a connu son heure de gloire et la gaité de familles heureuses. Aujourd'hui, fermée, laissée aux broussailles, elle s'enveloppe de mystères. Les églises de Bonnieux par le tintement de leurs cloches,  me sortent de ma torpeur. Il est midi et puisque ce n'est pas l'heure ou je commence mon travail, mon ventre me rappelle qu'il est temps de passer à la boulangerie et chez le charcutier qui m'a promis une tranche de son pâté. Mon pas pressé me fait remonter par la riaille, chemin merveilleux avant de déboucher devant la terrasse du bistrot ou des plus faignants que moi sont déjà devant leur anisette.
 

 
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Aquarelle de Provence:aux portes de Bonnieux


 
La réalisation de cette aquarelle fut une véritable aventure. J'étais obsédé par la réalisation de cet écrin complexe de végétation. Il fallait que j'arrive à rendre cette densité, cet écrasement  de branches et de bosquets. Pendant longtemps je ne suis pas arrivé à marier le premier plan et le village en fond. Je ne trouvais pas sa teinte, ni son mouvement. A un moment les choses se sont calées comme elles sont là.  Je ne sais pas quoi en penser, il m'arrive de bien aimer puis d'être déçu. En tout cas mon plaisir de peindre fut dans ces superpositions de jaunes et verts avec ces bourgeons de marronniers à la pulpe orange qui donnaient une dynamique agréable.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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