Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 
 
 
   
 

D'ici, on voit toute la plaine d'Apt, des ocres de Rustel, aux carrières d'Opède, au milieu du paysage, comme un bijou, Roussillon nous regarde. Au milieu des thyms, des lavandins, entre les chênes truffiers, de vieilles bories abandonnées veillent encore sur la plaine, fière, pointent vers le ciel d'azur, leurs dômes de pierres sèches savamment empilées en encorbellement. L'intérieur témoigne encore de la vie qui y fut menée, les feux dans l'âtre ont laissé des traces, une pierre, près de la lucarne, permettait d'y poser des choses, le sel peut-être. Un reste d'étage laisse imaginer une paillasse pour le repos du berger. Des vestiges plus anecdotiques et plus récents laissent à penser que bien des enfants ont dû venir jouer dans cet endroit. Un arrosoir percé par le coup de fusil d'un chasseur impatient finit de rouiller au milieu des cailloux, une ruchette posée là attend l'essaim printanier qui viendra s'y réfugier, ainsi au-delà de tout, la vie continue, mélangeant les époques autour de soucis et d'occupations qui dépassent le temps. L'apiculteur, dans ses gestes mille fois répétés qui ont traversé l'histoire des hommes, est ce trait d'union entre un passé trois fois millénaire et un présent ou l'on pourrait croire que l'essentiel ne se passe pas là et pourtant, le jour ou il n'y aura plus d'abeilles pour peupler cette ruche, serons nous encore là, nous les hommes?Mériterons nous d’y être encore?

 

 
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Aquarelle de Provence:Borie abandonnée


 
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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