Carnet de voyage


  De granges en mazots, de raccards en mayens, ces constructions de plus de cent ans témoignent du savoir faire d'un peuple  

 
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Aquarelle du Valais: St Luc Village


 
Ça fait bien longtemps que les mulets des anniviards, ne foulent plus ces sentiers des granges de St Luc. Pourtant ils y croyaient, à la vie meilleure, promise, digne de leurs efforts à la tache, de leur acharnement à vivre dans ces coins retirés parfois hostiles que sont les pentes pastorales vers les sommets du Valais. Ils en auront fait des voyages avec leur triste balluchon, pour couper l'herbe, pour accompagner le bétail cornu d'Hérens ; pour récolter et mettre au sec le foin pour l'hiver qu'ils portaient le plus souvent à dos d'homme enveloppé dans des draps. Marie, notre belle Marie de Gillou, ou encore notre non moins gracieuse Marine encore si vives à compter leurs souvenirs de transhumance, de troupeaux dans les alpages, de fromage frais un peu aigre qui faisait les repas vites pris sur une pierre. C'est tout un monde qui a disparu, toute une culture, tout un peuple pour laisser place à ce qu'on appelle insolemment la modernité avec son flot de touristes de skieurs pour lesquels on renverseraient ces montagnes. Ces granges sont encore là pour la carte postale, comme des reliques. Dans bien trop d'autres endroits, elles ont été mises à bas depuis longtemps.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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