Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
  Au champ du fou

Venant de St Luc il faut avoir  traversé le torrent au Prilett et prendre sur la droite un sentier vite pentu courant à flan de coteau dans la forêt de Lâche. Si la montée est rude la récompense est à la hauteur. La magnificence de la forêt ou les cerfs se laissent volontiers surprendre, pour arriver au bout d'un magnifique sentier sous la futaie, aux grâces prairies de Gilou en balcon au dessus de la vallée. En traversant le hameau vous rencontrerez peut-être Marie, la maîtresse des lieux,laquelle n'hésite pas à braver la tempête  et le froid pour venir profiter de cet endroit magique ou elle aime se réfugier. Le sentier s'enfonce à nouveau dans la forêt pour émerger enfin sur une belle plateforme de pâturages semé de granges : Les Moyes. On peut se tourner vers Grimentz enchâssé dans son cirque, ou regarder vers le fond de la vallée ou la parade des quatre mille envahit tout l'espace: Le Bis horn, le Weisshorn le Cervin, la Dent de Zinal, fières comme des seigneurs qui narguent le promeneur en le ramenant à sa plus petite réalité. Respect et majesté, extase devant autant de splendeur blanche, mirage d'un monde si proche et pourtant inaccessible. Pourquoi le champ du fou? Ce nom m'est resté après ma première balade à cet endroit, est ce parce que, c'est écrit quelque part? Ou est ce parce que  l'homme qui ne serait plus conscient de ses limites en affrontant ces massifs serait fou. Je ne sais plus si c'est mon imagination du moment ou une réalité.
Au delà, le sentier nous amènerait à Zinal. Aujourd'hui, nous n'irons pas plus loin, mais pour rentrer le chemin forestier, plus dégagé que le sentier,  nous permet de nous laisser glisser sans regarder ou mettre les pieds nous permettant de mieux profiter  des points de vues saisissants sur la vallée, sur Grimentz, sur St Luc, St Jean, Pinsec, Vissoie et les sommets qui les surplombent. L'auberge du Prilett nous accueille enfin avec une assiette paysanne et un Fendant bien frais et fruité.
 

 
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Aquarelle du Valais: VaL d'Anniviers, au champ du fou


 
L'aquarelle
C'est une vitrine. J'ai été gêné dans sa construction par mon souci d'y faire rentrer le maximum de sommets pour donner cet impression d'insaisissable et par le mayen en premier plan, qui à un moment s'est malencontreusement retrouvé presque au centre de ma peinture. Je  m'en suis  aperçu trop tard pour le glisser un peu sur la droite, chose qui de toute façon n'était pas aisée. Pour corriger l'effet de centrage, j'ai accentué l'importance des mélèzes  et des ombres à droite. Il y a trois tons majeurs: le blanc, le bleu, un marron foncé. J'ai eu beaucoup de plaisir à jouer avec ces trois couleurs ou les superpositions permettaient de donner du volume à la peinture. C'est un de mes premiers exercices de peinture de haute montagne. J'y trouve quelque chose de nouveau: une grande liberté dans la réalisation, une sorte d'ascèse  et d'abstrait et un jeu autour de la fabrication de l'atmosphère.. Cette aquarelle en appelle d'autres.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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