Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Tomalt, tomates, pomodoro, tomato, quel fruit?

Je ne fais pas partie de ces jardiniers cultivés qui ont le jardin comme religion. J'ai réservé près de vingt-cinq mètres carrés de mon jardin à la culture maraichère, plus pour le plaisir du grignotage sur place que pour me nourrir. La reine de ce potager est bien la tomate, j'en plante une vingtaine de pieds de toutes sortes, de toutes les grosseurs, de toutes les couleurs d'abord pour le plaisir de la vue, puis pour leurs gouts si différents. Elles ont des noms évocateurs parfois un peu magiques qui font rêver ou voyager tels que : la green zebra, la ruby gold, la St Pierre, la noir de Crimée, la rose de Berne, la summer cider, la gold mugget, la white rabbit, il y a celles plus érotiques, le téton de Vénus, la cornue des Andes, ou la plus gourmandes, la tomate Ananas, la rose de Berne, pour ne citer que celles-là.
Si je ne suis pas un bon jardinier, je suis un bon amateur de tomates, en été, c'est ma nourriture de base. Quelle aventure de me composer des assiettes très colorées comme des palettes de peintre, remplies de verts, de rouges, de roses, de blanc de jaunes, d'orangers, de noirs, arrosées d'un filet d'huile d'olive et de quelques déchirures de feuille de basilic... Quelle délectation ? Quel plaisir intense ? Quelle ivresse? Goutter à tout ce monde des saveurs est absolument magique. Je peux répéter cette scène chaque jour, le plaisir ne fait que croitre à en être enivrant, voire orgasmique. Certaines me feraient damner, la meilleure de toutes est peut-être l'ananas, non pas pour sa grosseur, car elle peut être énorme et atteindre le kilo et plus, mais pour ses goûts subtils, frais, acidulés, pour sa chaire fine, fondante , charnue, juteuse, pour ses couleurs marbrées, allant du vert, au jaune, du blanc, au rose, rouge, ou jaune oranger. Tout ça à elle toute seule, c'est une reine, c'est un arc-en-ciel de couleurs et une bombe de saveurs. Il y a aussi la Noir de Crimée, plus épicée, plus brutale, plus sauvage aussi, dont le noir est un composé à la fois de rouge sombre, d'ombre brulée, de vert, et d'un peu de violet. Il y a encore la cornue des Andes qui se prend pour un poivron, plus sèche, elle pourrait être un assaisonnement, poivrée avec son petit goût de paprika, c'est un délice, et quelles couleurs ?
Comme vous voyer, c'est une aventure gustative et chromatique à la fois, d'une complexité, d'une richesse extrême qui ne peuvent que piquer le peintre et éveiller ses envies picturales. J'ai succombé .

 

 
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Aquarelles de Franche-Comté: Les tomates du jardin


 

L'aquarelle

J'ai peint ces tomates avec amour, parfois l'eau me venait à la bouche. J'en ai recherché le juste goût et je juste ton, c'est peut-être très académique, trop surement, que m'importe, mon plaisir était là, puissent elles vous donner envie ?

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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