Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Bord de l'Ognon en hiver .


Vingt degrés en dessous de zéro,mes pas crissent sur les herbes givrées du pré. Un groupe de chevaux, un peu plus loin dans un nuage de vapeur m'attendent . Ca fit bien longtemps qu'ils n'ont vu une âme, ils se décident à approcher, ils sont sept, il me tournent autour, m'effleurent cherchent le contact, un plus brave que les autres me poussent du museau et mord ma lanière, je commence à me poser des questions, n'ai-je pas été imprudent de m'aventure ainsi? Je sens la petite colonie s'agiter de plus en plus et s'exciter autour de moi, je me décide à me faire entendre, je pousse une gueulante et je lève les bras au ciel, tout en reculant doucement vers la clôture. Après avoir reculé, les chevaux se rapprochent à nouveau, le chef me bouscule et me serre contre la clôture, j'arrive à le repousser encore une fois et pendant qu'il effectue son demi-tour pour me revenir dessus, je me jette à travers la clôture tout en arrachant une partie de mon vêtement , qu'importe , je ne veux pas finir piétiné. Un peu fière de les avoir bernés, je me moque d'eux et je leur montre qu'un homme même pas malin comme moi arrive à se jouer de sept chevaux décidés à s'amuser . Ce n'est pas briant pour la race des chevaux, alors que la sueur due à l'émotion dégouline dans mon dos et finit par ma glacer les reins, je ramasse mon matériel photo jeté précipitamment plus tôt et je reprends mon chemin vers la rivière ou là, une barque prise dans le gel dessine un paysage pétrifié dans une lumière violente et froide qui n'a rien à voir avec ce que je venais de vivre .

 

 
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Aquarelles de Franche-Comté:Rive de l'Ognon en hiver


 

L'aquarelle


je suis parti avec un fond trop dense, sans pouvoir revenir en arrière, le piège de l'aquarelle, alors on jette ou on exploite, j'ai décidé d'exploiter cette erreur, voilà ce que ça donne .

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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