Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 
 
 
   
  La Hêtraie de Bonnevaux

Ici la notion de paysage disparait , tous les repères sont chamboulés, les perspectives s'oublient dans un flou bizarre , plus de ciel, seul un maillage de branches dresse une voute au dessus de nos yeux. Le regard a beau chercher une fuite quelque part, il se perd dans un chaos  de futs, de billes, de taillis, tons sur tons de gris bleu, de cendre, et de vert de gris. Seules les dernières feuilles rousses laissées par l'automne, amènent  encore une petite touche  de couleur.
La foret est un monde à part, perdu à ses pieds comme un lilliputien au milieu d'une armée de géants , il est difficile de garder toute sa tête .L'environnement est grandiose oppressant majestueux  et démesuré, il dérange, bouleverse, immédiatement chargé de tous les mythes, de toutes les légendes  qui à travers notre histoire  et notre culture, ont formé notre rapport à la forêt. L'arbre est l'essence de notre  création, l'exemple du chemin à parcourir, du défit de la vie , il est le symbole de l'homme debout, bien enraciné, la tête dans les étoiles, il représente aussi l'éternité et rassemblés, ils deviennent le centre des légendes, des croyances, qui catalysent nos angoisses et nos peurs ou se mélangent notre part d'ombre et de rêve au milieu de notre héritage ancestral des druides, de Merlin,  et de toutes autres magies ou se livrent les combats entre le bien et le mal. La forêt c'est aussi ses bruits, ses chants ses murmures, ses grincements, ses pincements, ses peintes de nymphes mystérieuses et attirantes qui tentent de vous ensorceler et vous attirent vers quelques abimes . Il y a encore ces départs précipités d'animaux, ses envols d'oiseaux, que l'on ne voit jamais et qui font battre le coeur. Il y a ses silences interminables étouffant qui vous figent remplis de sueurs froides et vous donnent l'envie de rentrer sous terre. La forêt qu'elle soit de Bonnevaux, de Brocéliande, de la Serre, du Massacre, de Gézier, m'attire autant qu'elle peut parfois m'effrayer, je n'ai pas de honte à dire qu'il m'est arrivé de fuir.
 

 
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Aquarelles de Franche Comté: Hêtraie de Bonnevaux


 
L'aquarelle.
Pas évident de concevoir une aquarelle avec une telle mise en scène. Je craignais de faire un flop mais en fait je suis satisfait du résultat . J'aime cette transparence et cette fausse légèreté, ce coté en fermé clos avec cette lumière.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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