Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 

Un brin d'Amazonie franc-comtoise

La Franche-Comté, trop secrète pour ça, n'est pas une contrée d'exubérance, de provocation, mais bien un pays d'authenticité jouant dans la finesse et la tendresse des émotions, reine des petits matins brumeux et des soirs sanguins, des printemps de millions de verts, des automnes fauves, tout est jeu entre ombre et lumière, entre vapeurs et soleil. Ne nous trompons pas, c'est aussi le pays de la surprise, ou le temps d'un instant, tout peut basculer et vous faire décoller pour une contrée imaginaire dont vous ne reviendrez pas indemne. Dans une telle intensité, vous perdrez vite vos repères pour être transportés dans un ailleurs plein d'irréel. Ici au bord de l'Ognon, à Voray, dans une fin de journée automnale, les ombres se perdent dans une profondeur sans limites et vous aspirent pour vous noyer dans une immobilité de mort au milieu de cette eau noire avec cette barque prête à vous emporter dans l'au-delà. J'ai été fasciné par cette fausse nuit de jour ou ce faux jour de nuit, je ne sais plus. Je l'ai appelée Amazonie, car c'est bien l'idée que je m'en fais, un gouffre ou sous la fenaison, la nuit n'en finit pas, vous avale et vous rend fou. Il n'y a pas de sortie et l'on ne sait plus distinguer la réalité de son reflet. On n'en réchappe pas, c'est l'envers de décor qui vous propulse en face de vous-même et vous renverse dans vos certitudes, qui suis je? Et que vais devenir? Survivre est déjà une grâce. C'est l'endroit ou je peux déchirer le voile et retrouver ceux que j'aime et qui ont disparu, me fondre avec eux dans cette fusion régénérante où le fait de savoir ne veut plus rien dire, ou la réponse aux questions n'a plus d'importance, seul sentir nous fait toucher à une sorte d'éternité. Ce cours de l'Ognon flotte entre deux eaux entre ombre et lumière entre rêve et réalité ou la force de la nature est omniprésente, il faut mettre son orgueil dans sa poche et accepter humblement une soumission et espérer qu'après l'ombre revienne la lumière. Ce n'est jamais gagné d'avance.

 

 
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Aquarelles de Franche Comté: Un brin d'Amazonie comtoise


 

L'aquarelle:

C'était un défit, presque perdu d'avance tellement je trouvais ça impossible. Comment rendre cette atmosphère? Entre l'or et l’ébène, dans ce cahot végétal ou son reflet un désordre absolu ou l'absurde rend une forme.


Le résultat est là, qu'en pensez-vous?

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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