La vie est un long fleuve tranquille. La goutte d’eau que je suis va inexorablement de sa source à la mer de l’indifférence et de l’oubli même si par moments elle remonte le courant ou est précipitée dans des abîmes. Alors que j’avais dix ans je vis disparaître mon frère fauché par la balle égarée d’un chasseur. J’en déduis que la vie devait être l’apprentissage de bien mourir, du moins d'être pret si elle passe par là. Depuis ma règle est que chaque jour soit comme s’il était le dernier, non pas pour en faire n’importe quoi, mais au contraire pour que chaque jour soit vrai, bon et juste. Non secouru par une croyance religieuse, ma seule ambition est de croire en l’homme dans sa capacité intelligente de se parfaire entre le respect de ses aïeux et le progrès de l’humanité. Je persiste à être un apprenti en recherche de sens, mon jardin est celui des relations humaines, de la connaissance et du travail. Orgueil me direz vous ? je ne crois pas, l’orgueil à mon sens donne le confort. Au regard des angoisses, des peurs des incertitudes qui m’obsèdent, j’en suis loin et mon chemin est ailleurs. Ainsi va la vie…En bref:
Je suis né à Gray un 10 mars 1951 suite à la rencontre entre une ovule coquine de Germaine ma mère et des spermatozoïdes vagabonds d’henri Boillot mon père. Rien de plus banal me direz vous, et pourtant personne ne m’attendait. Je passe les premières années de ma vie et jusqu’a 12 ans tous mes temps libres dans un minuscule village de haute Saône: Quitteur sous la coupe de ma Grand-mère Hélène laquelle m’apprend très vite que la vie est difficile et qu’il faut se débrouiller et ne pas se plaindre. Pendant ce temps, je jouis d’une grande liberté que j’emploie à la découverte de mon environnement. J’y découvre la nature, la beauté, l’odeur, le charme des paysages et des gens.Plus tard à gray ou je vis avec mes parents, je profite des mêmes avantages de liberté ou je m’inonde des choses de la ville, des choses de la vie des hommes. Etant le petit dernier d’une fratrie de quatre ou ma soeur la plus près de moi, à neuf ans de plus, je suis plutôt seul au milieu du monde bruyant et chamarré de la |
teinturerie familiale. Marqué par les couleurs et les odeurs de Quitteur, je profite encore plus des couleurs et des odeurs qu’apporte la teinturerie. Je suis un assoiffé d’images, de sensations, tout me touche et m’envahit, je traverse la scolarité qui n’interrompt ma rêverie qu’a de rares moments. Je dessine encouragé par un prof de dessin du collège Cournot. Je commence la peinture à l’huile. Les copains et copines me font découvrir les passions de l'adolescence et l’amour. Je rencontre Brigitte qui deviendra plus tard ma femme, nous avons quinze ans. Je passe deux ans d’internat à Mont Roland ou je découvre la littérature, la philosophie, la lecture, la révolte et 1968. Je découvre la photographie, le travail de laboratoire noir et blanc puis couleur que je partage avec mon ami Claude Journu qui deviendra un grand pro et un grand photographe (voir les invités) et qui nous fait découvrir le Luberon lequel ne nous quittera plus. Je passe mon BAC à Besançon ou je commence des études de Psycho. Je les continue à Paris dans une grande solitude éclairée par ma soif d’images, de sensations de la ville et de fréquents retours auprès de Brigitte. Voyages, ballades en Franche Comté enrichissent ma palette. Je prends un travail dans l’insertion Nous habitons Besançon puis Auxon Dessus. En 79 naît Ophélie notre première fille qui nous amène à fréquenter les mouvements alternatifs et les modes d’éducation nouveaux. Je m’intéresse avec d’autres à la vie communale où je ferai deux mandats. Je reprends la peinture après que Brigitte m’ait fait découvrir l’aquarelle, cette dernière depuis les années 80, est pour moi une sorte de relaxation, de respiration zen. Un couple d’amis Annie et Claude Mercier nous font découvrir la randonnée et la montagne avec lesquels nous allons pendant plus de vingt ans partager des moments intenses de découvertes et de passion. En 89 notre amour nous donne notre deuxième fruit : Juliette. Tous ensemble, nous rythmons notre vie par de superbes virées en Suisse dans le val d’Héryns et le val d’Annivier, en Provence, et dans bien d’autres endroits où je vais enrichir mon capital créatif et ma palette de couleurs. La peinture prend une place plus importante dans mon espace de vie comme élément rééquilibrant par rapport à mon métier stressant et déstructurant de psychologue dirigeant un établissement d’insertion sociale. Ainsi passe la vie pendant des années avec quelques expositions jusqu'à la décision de créer ce site. |