Carnet de voyage


 
 
 
   
 

Sorti de Bonnieux en allant sur Claparèdes il faut prendre la petite route qui va rejoindre celle qui relie Apt à Lourmarin par le plateau. Elle longe un temps la ligne de crête. Le regard peut se perdre d’un coté vers Lacoste Gordes et le Ventoux et de l’autre vers la gorge de Lourmarin, le Mournègre, le fort de Buoux.  D’abord au sud, un chemin suit en contrebas de la route, le pli du coteau au milieu des cerisiers et des grandes bories rectangulaires. Il saute ensuite de l’autre coté là ou je le peins  pour ressortir encore juste au petit col. Dans ce vallon il est bordé de talus et de vieux amandiers  depuis longtemps abandonnés  qui ne veulent pas se résoudre à disparaître et qui ponctuent le paysage à chaque saison avec de belles couleur roses dès le mois de mars puis des jaunes, des verts tendres, puis bleutés avec les fruits avant de s’éteindre en laissant une charpente nue pendant l’hiver. J’aime cet endroit de paix, sauvage, secret, ou les lapins débourrent devant vos pas,   avec  des bories enfouies dans les broussailles. J’ai peins il y a longtemps une belle bastide donnant sur ce chemin  bien avant qu’elle soit restaurée.  

 

 
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Bonnieux, les amandiers


 

Le chemin des amandiers

 

Pour faire cette aquarelle je suis parti d’une photo prise lors d’une ballade alors que la lumière ne servait aucunement le site. J’ai du le transcrire  et marier le vu au ressenti laissé en souvenir  suite à d’autres passages  dans cet endroit magique.  Le cadrage va de lui-même. Le chemin dicte le sens et l’intérêt. Oublier le champ de droite en lui laissant des blancs permettait d’accentuer encore l’axe du parcours. Je fus plus dérangé par l’arrière plan à droite  en fond pour lequel je n’arrivais pas à trouver la densité ni la couleur. C’est un coup de pinceau d’ocre jaune qui me tira d’affaire. Le plan intermédiaire fut longtemps une galère, d’abord bleu, puis gris, il produisait une rupture désagréable qui anéantissait le bâti de l’amandier principal. La peinture  resta abandonnée un temps à coté d’une autre aquarelle en préparation : « Coquelicots pour Juliette » la solution vint d’un coup d’elle-même, c’était le rouge des coquelicots qui allaient faire l’unité. En concentrant la couleur rouge vers le point de convergence donna  de la profondeur  et de la lumière. Bingo.

Je suis particulièrement satisfait de l’amandier au premier plan avec son architecture et sa couleur printanière. L’axe produit par la cerisaie,   accentué par l’effet de lumière et d’ombre donnent du mouvement et poussent le regard vers le point de convergence en invitant à la promenade.

 

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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