Changer nos comportements?


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Changer nos comportements?
 



Changer nos comportements???????

Il y a dix ans, qui aurait parié sur la réussite du tri des déchets en France? Qui aujourd'hui reviendrait en arrière? Le processus ne se nourrit-il pas de progrès en continu? Bien des choses changeront encore dans les prochaines années .

Je vous invite à réfléchir à un domaine encore très peu touché par la révolution écologique, mais qui le sera inévitablement dans les années futures. Je pense à notre alimentation.

Les pays les plus riches ont une consommation alimentaire folle très gaspilleuse d'énergie, très polluante, très technique, chimique, peu génératrice d'emplois, pour certains elle est même dangereuse pour l'homme. Dans ces pays l'apport protéique se fait à base de viande et de plus en plus. Il est totalement inimaginable de pouvoir nourrir 9 milliards d'individus de cette façon, de plus les stratégies commerciales et de profit condamnent à la faim et à la dépendance les deux tiers de la population mondiale. Faudra-t-il que nous mourions tous de nos cancers de notre cholestérol pour que les pauvres d'Asie et d'Afrique aient moins faim?

On peut donc se demander ou est le progrès souhaitable en matière d'alimentation?

Changer nos habitudes alimentaires?

Changer notre agriculture?

Savez vous que pour produire 450 grs de viande de boeuf il faut 7000 litres d'eau et 7Kgs de céréales qui elle-même consomme 5000 Litres d'eau, sachant que seulement 4kgs irons iront au profit de ces 450 grs, le reste étant consommé pour la propre survie de l'animal.

Un boeuf produit 200Kgs de viande soit 1500 repas, sa consommation de céréale aurait pu servir à 18000 repas. Un hectare de terre cultivée en céréales produit, jusqu'à 15 fois plus de protéines que si elle est réservée à l'élevage pour la viande.

Dans l'alimentation rurale jusqu'au début du vingtième siècle l'alimentation était beaucoup plus frugale qu'après et à y regarder de près on s'aperçoit que ce à quoi on s'accroche en terme d'habitude alimentaire ne remonte pas à si loin. On s'aperçoit même que les choses ont encore plus changé dans le dernier quart du XXem. Prenons l'exemple de la viande et son parcours, qui l'amène à nos assiettes. Jusque dans les années 70 pour la majorité des consommateurs, la viande était achetée chez le boucher du coin, lequel achetait des bêtes choisies par lui , sur pied, dans des fermes dans un rayon de 20kms de sa boutique. Le circuit était de qualité et très court entre le producteur et le consommateur. Depuis les années 70, le circuit de la viande n'a fait que s'allonger pour devenir mondial, en passant par de multiples intermédiaires. La quasi-totalité du mouton standard vient de Nouvelle-Zélande, les viandes de Boeuf viennent d'Amérique latine ou d'autres pays lointains. Pour ce qui est encore produit relativement proche le circuit s'est tellement complexifié qu'il présente un cout sur le produit qui est considérable. Les bêtes quittent la ferme par camion pour aller jusqu'à un centre d'abattage maintenant régionalisé en moyenne à plus de trente kms. Une fois abattue la bête est débitée en moitié, acheminée vers un grossiste ou elle va être stockée, et reconditionnée, puis redistribuée vers des détaillants qui vont eux aussi reconditionner les pièces de viande, les emballer pour les mettre en rayons de supermarchés. Tous ces intermédiaires occasionnent des transports considérables très gourmands en énergie . Un petit producteur de haute Saône me disait qu'il faisait abattre ses bêtes à l'abattoir de Dijon et que la totalité de sa production partait pour Bordeaux . La complexification du circuit avec l'intervention des intermédiaires a introduit dans le marché de l'alimentation un facteur nouveau , celui de la spéculation financière qui fait inévitablement monter les prix au niveau local comme au niveau international. Un autre facteur est apparu, celui de l'industrialisation de la production, du petit producteur local, on est passé aux usines à produire de la viande. En France, on a encore un peu de répit dans ce domaine ou certaines viandes se produisent encore sur prés, certains boeufs par exemple, alors que les porcs sont en batterie dans des conditions épouvantables. En ce moment, les consommateurs canadiens font campagne pour obliger les agriculteurs à ramener les bêtes dans les prés. Il faut savoir que la viande industrielle de boeuf produite maintenant en parcage pouvant atteindre dans certains endroits de milliers de têtes, nourries par camions de produits ensilés de maïs, d'herbes ayant eux-mêmes poussés artificiellement, additionnés de farines enrichies pour que les bêtes prennent du poids, fassent des rétentions d'eau, dopées avec des médicaments des antibiotiques ,intoxiqués par des traitements destinés à l'élimination des parasites qui prolifèrent dans ces conditions.

Il faudrait encore ajouter la facture anthropique qui est le deuxième facteur contribuant au changement climatique. Les animaux d'élevage produiraient 18% des gaz à effet de serre correspondant à la production en gaz de la totalité des transports mécaniques dans le monde.

Cela veut-il dire qu'il faut que nous devenions végétariens? Nos arrières petits enfants y seront peut-être obligés, nous avons la responsabilité de contribuer, ou pas, à un changement qui aille dans le bon sens. Deux axes sont possibles et peuvent être complémentaires.

1/ consommer moins de viande, on sera gagnants à tous les niveaux économiques et santé.

2/ consommer autrement en privilégiant les circuits courts avec des produits issus au minimum d'une agriculture raisonnée, voir bio.

Nous sommes à un moment crucial dans la mutation des mondes. Nous avons la responsabilité d'en être les acteurs.


 
 
 
   
   


 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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