Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Dans le jardin d'Hélène

Hélène était ma grand mère. Elle habitait une maison dans le petit village de Quitteur. Elle m'y éleva jusqu'à l'age de 6 ans. En 1976, avec Brigitte nous  passons  nos vacances dans cette maison ou rien n'a été touché depuis mon enfance. Nous faisons de grandes ballades en tandem, en 2CV jaune canari, à pieds, entre forets et bords de Saône. Nous passons de longs moments à re-découvrir cette demeure. Grands après midi de lecture sous les arbres, siestes dans la chambre au papier à fleurs roses, séances de photos, baignades au barrage de la forge chez les Jacquot. Ce travail de peinture  sur Brigitte n'a rien de nostalgique vis à vis d'une jeunesse qui nous fuit. C'est pour moi un témoignage d'amour. Nous nous sommes connus très jeunes à 15 ans, après plusieurs années ensemble, une séparation nous permit de grandir, puis nous nous sommes retrouvé pour faire nos vies ensemble. Près de quarante ans plus tard, notre attachement, notre amour a la fraîcheur de cette aquarelle. Brigitte est par bien des cotés encore plus belle aujourd'hui. Nous construisons ensemble le temple de nos vies et de notre vie de couple, de parents et maintenant de grands parents et plus tard j'espère de vieux. C'est bien, nous pouvons nous regarder dans les yeux, pas de nuage, pas de mensonge, c'est aussi nette qu'au premier jour, nous nous sommes voué l'un à l'autre, c'était un choix, un pari aussi, un peu fou, ça n'a pas toujours été si facile, c'est un peu à contre courant et il est souvent plus simple de fuir. C'est peut-être à certains moments un peu frustrant, mais quelle aventure que celle qui se joue entre les deux mêmes êtres pendant l'espace d'une vie. Nous avons eu beaucoup de chance? Peut-être, mais nous la cultivons avec respect. J'aime cette femme. Je l'ai peinte, je l'ai photographié des milliers de fois. Aujourd'hui, elle a une grâce profonde, rayonnante une puissance, une beauté qui a écarté l'arrogance de la jeunesse pour se parer de la douceur sublime et délicate de la maturité. Je l'ai dans la peau cette fille. Il reste tant à découvrir, tant de peintures, tant de photos à faire, tant de vie à partager, a inventer. Merci à elle et je nous souhaite encore autant de bonheur.

 

 
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Dans le jardin d'hélène


 

Dans cette aquarelle j'ai voulu rendre l'atmosphère de cet été chaud plein de jeunesse d'amour et de charme. Brigitte y est sublime, un soleil au milieu des dahlias. Le regard y est direct malgré la surprise, la pose est franche naturelle, instantanée dans un mouvement gracieux. Le jeu de lumière et d'ombre y est doux et subtile. Le résultat du travail de peinture me plait bien. J'ai eu un plaisir fou à cette peinture: le dessin d'abord, puis les tons pour rendre la transparence de la  peau, le mouvement et le drapé du tablier de la grand mère, le regard, enfin le fond que je dus reprendre plusieurs fois. L'aquarelle resta à l'atelier pendant de longues semaines.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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