ELLA MAILLART


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ELLA MAILLART

 
 
 
    
 
 
 
    
 
 
 
    
 
 
 
    
 
 
 
    
 
 
 
    


Fidèle parmi les fidèles, adepte inconditionnel du val d’Anniviers, j’ai usé combien de chaussures de montagne dans ce  lieu magique ou la terre rejoint les étoiles au plus près des grands sommets que l’on touche du doigt que l’on perce du regard pour mieux nous perdre dans la rêverie puis redescendre à un moment à la réalité de ce que nous sommes : petits hommes.  Ce n’est pas étonnant qu’Ella Maillart ait choisi cet endroit pour bâtir son havre  qu’elle dénomme le plus himalayen site des Alpes

C’est là dans cette vallée, que  j’eus le plaisir de faire la connaissance d’ Ella Maillart et son œuvre. Cette femme rare par son parcours interroge, elle m’a séduit, m’a conquis, m’a enveloppé d’un attachement sentimental et philosophique qui ne m’a plus quitté depuis. Ella Maillart est une femme qui su être maître de son existence par sa persistance dans des choix déterminés de sa vie, en même temps qu’elle sut se laisser  porter, modeler par le caractère exceptionnel de ce qu’elle a vécu à travers ses voyages.

Je ne vais pas écrire sa biographie, d’autres l’ont très bien fait, de nombreux sites parlent d’elle (le musée de l’Elysée de Lausanne), (le routard), (la radio Suisse Romande), (ailleursmagazine), son site personnel (www. ellamaillart.ch),  bien d’autres encore. Son œuvre également est le riche témoignage de sa vie, de sa passion et de sa difficulté à appréhender le monde. Lisez « la voie cruelle » ou « Oasis interdite » pour ne citer que ceux là.

 

Je vais seulement vous proposer quelques points pour vous donner envie d’aller à sa rencontre.

 

Elle naît d’une famille bourgeoise à Genève en 1903, elle fait quelques études, devient sportive de haut niveau. Elle est navigatrice douée. Dès 1930 elle entreprend des voyages en Chine, en Inde, en Asie,  en Urss, au Turkestan, en Afghanistan…..Elle découvre la photo, le journalisme,  Leitz lui offre son premier Leica. Elle est de ces aventurières pionnières qui ont été les premières occidentales à fréquenter ces endroits perdus. Elle se lie d’amitié avec Peter Flemming.

C’est une femme « question », habitée par le doute, elle va se fabriquer dans la rencontre des hommes des

pays lointains, sans cela, que serait elle devenue ?

Elle apprend de tous, elle devient exploratrice, ethnologue, journaliste, sociologue, psychologue de son amie Anne Marie. Ella se fabrique pas à pas au long des chemins parcourus. Elle parle très bien de sa quête  et du caractère fatal et naturel de son parcours dans une interview à la radio Suisse. Elle vécut entre une réalité sévère, dure, ou elle était constamment à l’épreuve et une ouverture  presque naïve et abandonnée dans une quête philosophique qui n’a cessé de la grandir et de lui faire gagner la paix, la liberté et la sérénité.

Aujourd’hui on parle d’elle comme d’un monument, une femme exceptionnelle, elle s’en est toujours défendue. Elle a toujours revendiqué son coté ordinaire sans don, sans facilité personnelle si ce n’est son acharnement à vivre et à aller au bout d’elle même. Elle n’avait que sa détermination et son courage. Elle a accepté de souffrir pour arriver à ses fins. Dans ses récits comme dans ces interviews, elle ne cache pas ses difficultés  à  écrire, le coté laborieux de tout ce qu’elle doit entreprendre. Elle est une sorte d’anti héro qui ne connaît que le travail et l’effort qui l’amèneront tout de même  à la spiritualité au « nirvana indien » pour devenir après sa mort, un mythe.

J’ai plein d’affection pour cette femme si puissante et si vulnérable et imparfaite qui a su tracer la voie du sens que peut prendre une vie.

Je n’ai qu’un regret, plusieurs fois je l’ai croisée, plusieurs fois j’ai tourné autour de son chalet à Chandolin, avec ma fille Ophélie, dans l’espoir d’une rencontre initiatique. C’est presque arrivé. Un jour de sa terrasse alors qu’elle était occupée avec des personnes, elle nous adressa un long regard appuyé doux et généreux. Je n’ai pas osé revenir le lendemain ni l’été suivant  puis un jour, elle était morte. Je ne serai jamais de ces aventuriers qui osent  provoquer le moment essentiel et magique. Il me reste ce regard interrogateur insistant et clair qui restera sans réponse. Il me reste encore le val d’Anniviers, Chandolin et mille ballades qu’elle a tant faites ou plane son souvenir ou qui sait, quelque chose d’autre !!!!      

   
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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