Errance vagabonde enItalie


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Errance vagabonde enItalie
 



Errance vagabonde en Italie.


Nous rentrons d'Italie,magique comme il se doit, ambiance, paysages, villes, rencontres, tout y était pour nous remplir le coeur. Ce fut un grand bonheur de nous replonger dans ces ambiances variées et si bouleversantes: La Toscane avec Viareggio et ses chantiers navals, ses commerces, la vivacité d'une ville de côte, Lucca, la belle rouge, enchâssée dans ses hauts murs. Nous avons trouvé dans ses environs, le palais de la soeur de Napoléon avec son parc, un endroit très poétique. Autour, tout le flanc de colline est couvert de magnifiques propriétés du XVII et XVIII avec des villas somptueuses. Que d'émotion, à gravir le grand escalier qui, de la porte des remparts, monte vers la ville moyenâgeuse de Volterra, haut lieu de la civilisation Étrusque. Tout à côté, dans une autre ambiance, San Gimignano avec ses hautes tours plantées comme des clous sortant des toits comme des dards arborant avec fierté la puissance de leurs anciens propriétaires jaloux de leur liberté. Si la ville draine un flot de touristes impressionnant, c'est compréhensible, c'est tellement séduisant. Dans ces deux villages, on replonge en plein moyen âge tout y est intacte, même si tout n'est pas d'époque et quelque peu gâché par les marchants du temple. De là, nous avons fait un bond jusqu'à Naples. Nous avons campé dans un calme olympien, en pleine ville, dans le cratère du volcan Solfatara qui fume encore et crache du soufre. Le sol y reste chaud. Nous nous sommes immergés en pleine mythologie en faisant le tour du lac d'Averne: les portes de l'enfer des Grecques. Pendant trois jours, nous avons marché dans Naples en long, large et travers, des ruelles les plus sombres aux palais les plus éclatants. Là, ce sont les habitants qui sont au premier plan. La vie y est trépidante, pleine de mouvements et de sons de tout genre, j'adore cette ville, elle a, à la fois une brutalité et une tendresse, une gaité extravagante et une tristesse écrasante qui la rendent incomparable à toute autre ville. Les Napolitains sont des extraterrestres, gueulards et courtois à la fois, pressés et tranquilles, gais et tragiques, fatalistes et rêveurs, beaux et abominables. C'est un mélange complètement fou, ou la sophistication la plus branchée côtoie la misère la plus sombre. Le Musée est une merveille, avec les fresques murales d'Erculanum et de Pompéi, les statues, les mosaïques dont celle d'Alexandre, j'y retournerais bien encore une troisième fois, voire d'avantage. Nous avons traversé la baie pour rejoindre Erculano avec son site creusé sous la ville moderne, laissant bien imaginer que là où s'arrêtent les fouilles du site ouvert, dans la roche, les maisons, les palais continuent. C'est très émouvant, on sent une sorte de pression, d'angoisse même, en pensant à ce qui est arrivé un jour de 79 av JC. C'est le seul site ou l'on trouve encore les maisons avec leurs plafonds, leurs poutres et leurs volets carbonisés. Il semble que la vie s'y soit arrêtée d'un coup avec son ensevelissement. Nous avons rejoint Paestum la Grecque, belle, romantique, époustouflante, dans son écrin de lauriers roses et de cyprès. Le site vous envahit, vous entraine dans cet autre monde inondé de poésie et de calme. j'aurais pu y rester des jours à rêver, à y retrouver Jacqueline de Romilly et Homère. Au bout de la voie sacrée, les temples dressent leurs forets de colonnes blondes qui jouent avec leurs ombres. Au milieu des broussailles, les sols de mosaïques de près de trois mille ans, abandonnés à toutes les intempéries résistent encore au temps. Avec respect, mais poussé par une irrésistible tentation à traverser l'histoire, j'ai abandonné mes sandales pour poser mon pied nu sur ce carré de mosaïque en me laissant transpercé par un flux venant de si loin, entendant le bruit des chars sur la voie toute proche, et cette langue que je ne connais pas. Un petit musée livre de magnifiques objets, vases, les seules peintures funéraires grecques existantes, des sculptures extraordinairement modernes. Nous étions venus jusque-là pour pousser aussi vers l'intérieur des terres, à la rencontre de Materra  , Materra la blanche, la troglodyte, que je voulais voir avant qu'elle fût envahie et réhabilitée pour le tourisme de masse. Il n'y aucune fausse note. La simplicité d'une ville sortie tout droit de l'histoire, intacte. Nous avons alors rejoint la cote Est et l'Adriatique pour aller visiter une anomalie géologique l'ergot de la botte italienne avec Matinata et St Angelo del monte. Nous sommes en terre grecque, les plages sont de galets, au-dessus du massif, une forêt primaire et des villages s’accrochent. Sur la place, dans les rues, seuls les hommes apparaissent en groupes, mais où sont les femmes ? Où sommes nous donc ? Il y a un petit air de Turquie. Les rues grouillent de ces hommes tranquilles qui discutent entre eux, de qui ? De nous bien sûr, drôles de gens qui viennent perturber leurs habituels discours, avec nos vêtements négligés, nos appareils photo, nos questions, bien qu'ils se montrent très courtois, toujours prêts à parler français et toujours coquins envers nos femmes. Là aussi l'architecture est très particulière, simple, peinte de blanc, ordonnée dans un alignement et une répétition systématique des mêmes volumes. C'est très beau. En dehors de tout circuit touristique, nous nous sommes arrêtés dans un village, Serracapriola, pour y retrouver une amie dont la famille en est originaire. Là, on y rencontre le terroir, un village habité, enclavé dans ses murs avec ses petites ruelles qui gardent un peu de fraicheur, sur lesquelles donnent les portes des maisons qui s'ouvrent toutes sur une montée d'escalier intérieur, pour aboutir à une grande pièce carrée avec une voute de pierre. Il y fait sombre et frais pour y partager un repas frugal de tomates, d'olives, de jambon et de fromage arrosé d'un vin frais et légèrement frisant, comme ils disent là bas, préparé par notre hôte. Nous avons encore repris la route, cette fois pour boucler la boucle et nous faire encore une dernière perfusion toscanienne avec le lac Trasimène et Sienne ou nous avons passé, nos trois derniers jours avant de rentrer. Après avoir revisité sa magnifique cathédrale, nous nous sommes laissés porter et  nous perdre à travers ses rues puis, attirés par les roulements de tambours, nous avons rallié la place del Campo ou chaque soir viennent parader chacun leur tour, les représentants de chaque quartier en prévision du prochain palio.


     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
   


 

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