Esprit de voyage, le camping


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Esprit de voyage, le camping



Esprit de voyage

 

Pourquoi le camping ?

 

Voyager c’est d’abord quitter nos lieux de proximité  qui nous équilibrent dans notre quotidienneté. C’est partir  vers d’autres horizons, c’est bouger, conquérir des ailleurs, rencontrer des gens. C’est découvrir l’histoire, la géographie, les climats, les civilisations, les cultures, les quotidiens. C’est encore se découvrir soi même et ses proches  dans un autre rapport aux choses et aux autres.

 

Pour tout ça en quoi le camping est il plus intéressant que l’hôtel ou qu’une location ?

Camper s’est se décaler d’avantage par rapport à nos habitudes de citadin.

 

Nous quittons une grande maison avec plein de pièces, d’objets, de conforts, de commodités modernes  pour un retour au minimum : un espace retreint pour dormir, un gaz que l’on pose parterre, deux casseroles et quelques siéges. Cette rupture avec notre cadre habituel est très bénéfique. Il nous permet de reprendre contact avec l’essentiel, avec notre capacité à nous adapter et à retrouver un plaisir du peu et la réalité de nos vies dans la cité avec des choses auxquelles on ne fait même plus attention tellement elles sont  évidentes. Cette déconnexion  nous dépouille, nous récure la cervelle et l’âme.

Se rendre compte que l’on peut faire  avec si peu est plutôt réconfortant  et donne de la confiance en soi. Ce presque rien repose de notre frénésie à consommer du confort, des objets qui  envahissent  de plus en plus notre environnement.

Ce décalage permet de tout oublier ce qu’on a laissé, les soucis de maison, d’entretiens, de machine à laver, de loyer a payer…..enfin d’oublier tout ce qui envahit notre vie de citadin moderne et bien intégré.

Ce décalage est une mise au vert libératrice au sens propre et figuré.  

 

Le camping est une prise de terre  ou l’on renoue avec nos archaïsmes ancestraux. Bien sûr ce n’est pas vivre comme un homme de Cro-Magnon, mais il y a symboliquement quelque chose de ça qui nous habite tous.  On retrouve un rythme  avec une gestion du temps différente, des obligations différentes, des priorités différentes, des chois à faire différents. Vouloir de l’eau, ce n’est pas tourner un robinet, c’est aller la chercher. C’est reprendre le rythme de

la quête alimentaire au quotidien. Le déplacement, le parcours devient un temps à part entière   qu’il faut intégrer. C’est une dépense d’énergie, c’est aussi une autre rationalité, une autre économie et intellectuellement c’est un temps pour penser, pour rêver,  pour  errer.

 

Camper c’est être en plein air. Pas de barrière pour le regard, le ciel, l’horizon vous amène à une autre considération de l’espace et du monde avec une autre appréhension du proche et du lointain. Le regard navigue, libre. Si nous ne nous risquons plus au camping sauvage comme il y a quelques années, nous trouvons encore de beaux espaces mêmes s’ils sont organisés en camps. Les pires parfois offrent un regard sur l’humanité qui ne manque pas d’intérêt. Le camping, ce n’est pas le film qui porte ce nom, même si parfois on y rencontre des particularités ethnologiques qui font partie du dépaysement. L’avantage c’est de pouvoir en partir à tout moment, en toute liberté.

 

Camper c’est aussi renouer avec le sens du nomadisme de nos ancêtres. On se déplace, on s’arrête, on s’installe, on profite du lieu, puis quelques jours plus tard, on repart plus loin. C’est tantôt un vagabondage, tantôt une itinérance, rarement plus de deux jours au même endroit, s’installer ou ranger pour partir fait partie de la logique et de la gestion du temps.

Ce nomadisme, qu’il soit proche ou lointain, c’est découvrir des lieux des espaces, des gens, c’est s’imprégner de ce que l’on approche de ce que l (on touche. C’est apprendre des choses nouvelles c’est s’imprégner des ses découvertes. C’est emmagasiner des connaissances nouvelles, des richesses nouvelles, c’est emmagasiner des images des sensations, des émotions, des couleurs des coutumes, des goûts,  c’est être surpris, interrogé, émerveillé parfois. C’est goutter, se remplir, mais c’est offrir aussi parfois un peu de soi, c’est photographier, peindre, écrire, lire.

 

Partir, camper, c’est aussi à un moment rentrer chez soi  ou il faut réapprendre les choses retrouver ce que l’on avait abandonné pour un temps. Il faut y consacrer du temps  en écrivant ce texte par exemple. La vie va reprendre son cours, mais la tête pleine de ces choses qui vont nous habiter un temps avec force, vigueur et émotion, pour rejoindre peu à peu le registre des souvenirs jusqu’à un nouveau départ.

 

                        JB le 1er Août 2007


     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
         
   
 

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