Gustave Courbet au Grand Palais


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Gustave Courbet au Grand Palais



Gustave Courbet au Grand Palais

Je n'ai pas la prétention de faire un article sur Courbet et sur sa peinture comme bien d'autres   plus qualifiés que moi le font si bien. En terme d'actualité sur mon site, je ne pouvais pas passer sous silence ce grand moment que fut pour moi la visite de l'exposition 2007  et de relater là avec en plus un peu de chauvinisme les impressions et les interrogations qui me viennent.

Rentrant de Saint Luc ou nous avions plongé dans le fauvisme le plus pur  et le plus osé, nous retrouver avec Courbet était comme un retour au bercaille, du moins  le croyais je. J'ai  déjà vu plusieurs expositions sur Courbet, j'ai une documentation fournie avec plusieurs livres sur sa peinture, je  pensais que la visite allait être confortable en terrain connu et  bien j'ai été littéralement boulversé par l'exposition. Il m' a semblé voir pour la première fois des toiles que je connaissais pourtant déjà. Est ce du à l'effet du rassemblement des oeuvres? est ce du à certaines restaurations? je ne saurais le dire mais l'effet  fut  considérable . Je me rendis compte que je ne connais rien de Courbet , ou si peu. Que ce soit par les parties des grandes toiles que je n'avais jusque là jamais pu remarquer, que ce soit par des toiles de collections privées qui ne réapparaîtront pas de si tôt. Après une première visite, j'en ai fait une deuxième sans que l'émotion ne baisse, bien au contraire , la force, la diversité, la lumière s'affirmaient avec plus d'éclat . Bien sûr en tant que comtois je me suis penché sur les toiles de paysages franc-Comtois. Là encore je m'aperçus que je n'avais encore rien compris  à la démarche du peintre. Le paysage franc-Comtois de Courbet est un paysage transformé, un paysage de l'intérieur, un paysage recomposé dans une mise en scène pour satisfaire l'émotion du créateur, c'est pourquoi le peintre n'est pas gèné de faire disparaître des parties par exemple la même falaise avec disparition du moulin, déplacement de certains volumes pour équilibrer la toile, accentuation des ombres et des lumières, contrastes entre des zones accentuées ou précises, par

rapport à des zones  plus floues masquées par un voile à la limite de l'impressionnisme. Courbet cultive le contraste, les contraires. Son réalisme est plus marqué par la force des sensations que par la vérité des traits. Sa Franche Comté est une franche Comté Courbesienne mais elle est la Franche Comté qui habite tous les Comtois dans leur coeur. Les verts sont de vrais verts comtois mais ils sont là rassemblés avec plus de convictions et d'acharnement. Les falaises d'Ornans sont plus blanches et les sources de la loue plus lumineuses. Par cette exposition j'ai découvert un Gustave Courbet à la fois comme un peintre des grands classiques comme David capable de créer des univers peints gigantesques, à la fois comme un rebel qui contraste justement avec ces classiques qui sont ses aînés. Ses sujets bousculent les principes d'une peinture spectacle d'explois, là au contraire tout est ordinaire mais pas si naturelle qu'il y paraît à première vue, que ce soit une scène de chasse ou bien que ce soit l'atelier du peintre ou encore l'enterrement à Ornans. Derrière  cette simplicité on s'aperçoit  que rien n'est laissé au  hasard,   de plus il faut imaginer que le peintre est en discours permanent avec ses confrères, avec de l'amitié, mais aussi avec une certaine concurrence. Les thèmes, les cadrages, les lieux sont en raisonnance voire en réponse directes par rapport à d'autres toiles.  Enfin le peintre annonce déjà ce qui va arriver un peu pus tard dans la peinture avec les jeunes impressionnistes. Des flous viennent estomper des zones, des couleurs écrasées au couteau en accentuant d'autres. Courbet laboure pour ses fils.

Alors on pourrait s'étonner de ne pas voir d'avantage  de peintures de Franche Comté, d'Ornans dont il se réclame tant. On peut regretter aussi qu'il ait si peu peint en Suisse.

Il me reste à refaire ses chemins dans la vallée de la Loue, il me reste à revisiter tous ces endroits pour mieux m'en imprégner et voir enfin quel chemin tout cela fera en moi

Merci Monsieur Courbet

 

 

 

 


     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
   
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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