Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 

Le 15 Avril 2008, 11 heure, la brume du matin alourdit encore l'atmosphère et voile le vallon entre Lacoste et Bonnieux. Le soleil en chauffant les pierres inonde la nature d'une lumière blanche. Nous avions déjà fait la grande traversée de Bonnieux à Lacoste en passant par les sentiers bordés de murs marquant le paysage de grandes rides. Le cheminement à travers les vergers se fit en regard des deux villages, Bonnieux encore assoupi dans son linceul rosé, Lacoste laiteux, dressé dans sa fierté face au levant. A chaque virage nous pouvions passer de l'un à l'autre. Tandis que l'un s'éloignait, l'autre se rapprochait peu à peu, devenait de plus en plus palpable, intime, avant de disparaitred'un coup, au moment ou nous étions juste en dessous, caché par un massif boisé de chênes et de pins. De la dernière bastide en bas de la colline monte un chemin sinueux encaissé entre d'antiques murs de pierres posés à même le rocher, épousant son relief, retenant le surplomb de la pente. Au bout du premier virage, l'ombre gagne et s'épaissit peu a peu , bien qu'a cette saison la lumière arrive encore à passer au travers de ce feuillage naissant, donnant une atmosphère légère et printanière ou se marient des verts tendres aux jaunes pales, de chaque coté du chemin trônes d'énormes chênes nous rappelant à une plus grande modestie. Sous la tonnelle de leurs branches emmêlées, le chemin tacheté d'éclaboussures de lumières colorées, serpente à même le roc. Les traces des hommes apparaissent comme de longues saignées griffant la pierre là ou la roue des charriots a du produire le plus d'efforts au point de creuser le calcaire. Des tapis de feuilles sèches, bariolés de bruns et de roux, vestiges de la saison passée, tapissent encore intactes un bord, alors que de l'autre le printemps a déjà fait son oeuvre. L'herbe tendre et les premières fleurs égayent l'ensemble. Que du bonheur, combien d'aquarelles en sortiront?

 

 
Retour

Lacoste, Luberon,


 

L'aquarelle: je voulais rentre cette sensation de couvert léger , de saignée dans le sol, et ce ciel de lumières printanières. La densité des arbres et des branches m'aidèrent beaucoup et me permirent d'intensifier le bout du chemin avec sa sortie lumineuse. A partir de là tout put s'organiser avec simplicité ou chaque élément prit sa place.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
Création site internet, www.melian.org