Le Luberon: les gorges de l'AigueBrun


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Le Luberon: les gorges de l'AigueBrun



Le Luberon serait il le Luberon s'il n'avait pas la vallée de l'Aiguebrun avec ses gorges ? On peut passer à coté et ne pas la voire, mais après l'avoir découverte, on ne peut pas l'oublier et l'on y revient. Depuis la préhistoire, les hommes ne s'y sont pas trompés. L'endroit est exceptionnel, magique même . Il fut le siège de tant d'installations successives que nous en trouvons encore les traces. Ces rencontres avec notre passé, nous transforment en archéologues et nous remplissent d'humilité et de respect. Plus tard, au moyen âge et dans les siècles qui suivirent l'Aiguebrun fut un lieu de repli ou se protéger des agressions. C'est l'époque des bories , des villages de pierre, du fort de Buoux, du prieuré de st Saphorien . Ce lieu entra à nouveau en sommeil pour resurgir au XXem siècle avec l'initiative d'un homme qui y fit une auberge pour les premiers vacanciers. C'est avec le tourisme et le développement de l'escalade à mains nues dans les années soixante dix que le lieux devint connu du monde entier. Pour moi qui fréquente ce lieu depuis plus de quarante ans , je suis toujours aussi séduit et captivé par sa nature qui se marie si bien avec l'histoire des hommes. Le moindre surplomb fut un abri, le plus petit plati au fond des gorges, un pâturage. Combien de fois ai je pris ces sentiers qui mènent à l'Aiguebrun depuis Bonnieux, depuis Buoux, depuis Sivergues ou les Auribaux? Même si les habitations parsemées dans le paysage ont quelque peu perturbé le naturel des parcours en ayant dressé des barrières de propriétés privées, elles ne pourront pas se réserver l'exclusivité de la jouissance de cet endroit ou l'homme se retrouve en communion avec lui même et un environnement qui lui donne du sens. Par des sentiers de plus de mille ans on peut s'enfoncer dans une nature déroutante qui n'a rien de méditerranéenne on l'on a plus l'impression d'être au bord de la Loue en Franche Comté que dans le midi. Le vert y explose en taches qui viennent lécher les parois de roches éclaboussées de blanc de gris d'ocre dressées jusqu'au ciel. Au fond on est dans un espace restreint étouffant même par son exubérance, il faut prendre de la hauteur et sortir des gorges pour se rendre compte de cette saignée dans le massif, gouter à ce mouvement des terres qui donne une esthétique naturelle pleine de surprise s et de noblesse à cet endroit. On peut encore se laisser convaincre et tenter de rejoindre les sommet du Luberon. Combien s'y perdent lassés de n'en voire jamais le bout. Le sommet se mérite , se gagne, par quantité de fatigue et d'efforts sous le soleil brulant pour, enfin aboutir aux pelouses arrondies , rases du mont balayé par le vent. En contre bas sur son éperon le fort domine en vigie et nous rappelle qu'il n'y a pas si longtemps il y avait la guerre. Cet édifice est un livre d'histoire qui nous raconte la vie , la culture et l'architecture de nos ancêtres, mais au delà, partout chaque roche porte la marque d'une colonisation par l'homme , que ce soit des escaliers taillés à même le rocher, des hôtels dressés pour on ne sait quel culte, des caches, des rigoles, des bassins pour conserver l'eau. Tout ceci peut être fondu, noyé dans la végétation ou la foret. C'est un jeu de s'y perdre et de découvrir des sites cachés, oubliés qui attendent en toute patience qu'un jour, ils ré émergent et témoignent.. Laissez vous envahir , déborder par cet endroit, il vous comblera d'émotions et de surprises.

     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
          
     
 
 
 
     
         
   
 

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