Carnet de voyage


   
 
 
   
       
 
Etre dans ce haut lieu peint plus de vingt fois par Courbet  bouleverse un peu. Traiter le sujet en fin d'été  avec une forte lumière du matin force à s'approprier le lieu autrement que par ce qu'en a fait G Courbet. L'endroit est magique intime et secret. On rentre dans ces gorges par l'amont en descendant un sentier escarpé périlleux qui nous amène jusqu'au lit de la rivière. D'un coté en amont la vallée s'ouvre baignée de soleil, et en aval,  la rivière s'enfonce entre les falaises donnant l'impression d'un trou , d'où son nom.  Les gorges vont cheminer sur près de deux kilomètres dans une ambiance d'un mélange chaotique de minéraux et de végétation verdoyante extravagante et sauvage amplifient la sensation de mystère et de virginité. Le lieu est si fort qu'il angoisse , qu'il insécurise  forçant le promeneur à une attention plus forte encore, chargée d'émotions ou il cherche du regard  ce qui pourrait le  réconforter. Le petit bout de ciel au dessus et le petit peu de soleil peut être  serviraient à ça.
 

 
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Le puits Noir de la Brême à Ornans


 
Le puits noir : gorges de la Brême

L'aquarelle.
Première aquarelle d'une série dédiée à  Gustave Courbet. Comme lui je peux m'affirmer avec fierté Franc-comtois dans l'âme et dans les tripes Mon objet ici n'est pas d'imiter Courbet, mais de regarder avec mes yeux les endroits qu'il a peint et qui me fascinent. Cette première aquarelle des gorges de la Brême est un essai, une mise en bouche de la captation des forces de cet endroit extraordinaire . Je ne me retrouve pas d'ailleurs dans ce qu'en dit Gustave Courbet  qui part du postula  que là , la nature est noire sauf ce qui est éclairé par la lumière. Pour ma part je n'y ai pas vu de noir mais des miroirs de verts qui jouent en reflets qui couronnent le coeur du site: la rivière encaissée pour exploser en son extrémité par un trou de lumière. Ma recherche dans cette aquarelle portait sur la compréhension des densités de couleurs des tons, la perception de la matière les roches. C'est aussi inscrire le chemin de l'eau. J'ai commencé par le fond jaune correspondant au soleil léchant le versant droit, puis  les falaises que j'ai foncées par de nombreuses couches successives de couleurs. La mise en scène par la constitution des détails du lit de la rivière s'est fait par petits morceaux successifs .Dans cette aquarelle je suis allé trop loin. Je l'ai en fait trop finie . J'ai compris là ce que je voulais et qui devrait se réaliser de façon plus affirmée dans l'aquarelle suivante.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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