Les vins


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Les vins

 
 
 
    


Les vins du Luberon. On en parle peu dans les livres qui les snobent un peu, ils ont tort. Ce sont des  vins qui sont restés simples et proches des hommes. Ce ne sont pas des vins de luxe. ils sentent la gaîté des belles tablées sous les arbres, il ont l’éclat,  les aromes des jolies filles de la campagne et la saveur de leurs lèvres gorgées de fruits murs. Ils brillent au soleil communiquent sans retenue la force l’audace à travers des tanins puissants et des robes sombres. Ils sont  francs, généreux, fidèles. Ils n'en sont pas pour autant des petits vins et à certains moments de leur vie ils ont de quoi donner des leçons.

Chez les rouges, le grenat domine quand l’ocre n’a pas encore, par le vieillissement, fait son ouvrage. Le bleu reste franc. Les parfums envahissent ou se mélangent fleurs, fruits, odeurs animales de gibiers, épices, ou de nature, de bois,  chêne, cèdre. Ils s’appellent " Chateau de mille " ou la famille Pinatel les élève au plus profond des caves dans de belles barriques de chêne ou les sucs prennent le temps de s'épanouir . Qu'ils s'appellent " Domaine de la Cavale " ou Mr Aubert sait leur faire rendre les parfums originaux de son terroir , l'éclat de la cote sud avec des mélanges de fruits et herbes épicées. Si celui du nord vient s'aparenter aux "ChateauNeuf "celui ci se rapproche de certains "Bandols" ou des beaux "Monte Pulciono". Que J’aimerais les peindre .


Mars 2007. Par un des derniers soirs d'hiver,  avec quelques amis, nous avons ouvert  une bouteille de "Blazon de Cavale" 2003.

je ne vous dis pas! Magique !! dès que le bouchon fut retiré, un parfum puissant se libéra. Dans les verres le

liquide éclatant et sombre, rayonna comme un bijou d'un pur grenat.  Au nez, ce fut un choc, un univers d'aromes complexes  se succèdèrent au gré de la montée de sa température. Parfum de bois , de cèdre, d'herbes et d'épices  dans une harmonie parfaite. Quelques tons de fruits rouges maturés,  vinrent triomphalement couronner le tout. En bouche, le gras suave caressa les papilles alors qu'un peu d'astringence picotta délicatement les joues. les épices , et les goûts de fruits excitèrnt puissamment les sens sans vouloir finir.

Mes invités en eurent la conversation coupée. ce vin sublime devint l'objet de toutes les convoitises. Plus tard il se maria à merveille avec un plat  de beeknohfe puis avec un st nectaire et un comté.  Ce vin enchanta cette soirée très fraternelle.


21 Mai, c’est l’anniversaire de ma fille Ophélie  qui a ses 28 ans. Pour le repas j’ai préparé un lapin en casserole avec tomates, poivrons jaunes, champignons ails oignons, épices crèmes, accompagné de polenta. C’était l’occasion se sortir une bonne bouteille de Luberon. Un Château Mille 1999 par exemple.  Il est encore d’un rouge très vif et brillant, la couleur est pure, dense sans être sombre ce qui laisse présager d’une certaine légèreté. Le nez est franc avec des fruits rouges encore très frais, en fond quelques parfums de bois. En bouche, il est souple, persistant, très uni, on y retrouve le fruit et le paprika. Le vin fit merveille avec ce lapin à la fois méditerranéen corrigé par un comtois, mais le sublime vint avec le fromage. D’abord sur un Morbier, il me ravit, puis sur un Langres puissant et onctueux, il trouva tout son faste dans une harmonie  que je garde encore ne bouche. Merci Monsieur Pinatel. 

   
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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