Carnet de voyage


   
 
 
   
      
 

Il faisait doux , le café refroidissant dans les tasses, absorbés par leur lecture, le couple viavait une vie sage de retraités heureux.


Nous avons connu Gordes alors que c’était encore un vrai village avec ses indigènes marqués par le soleil, les mains calleuses d’avoir tant magné la pioche. Nous aimions les retrouver le soir au bistrot sur la place ou à l’épicerie. Depuis longtemps déjà le village avait attiré les convoitises de nouveaux habitants venus de la ville, mais ils ne dénaturaient pas l’ambiance ni l’originalité du lieu. Qu’ils s’appellent Chapo, Sautinel, ils ont profité  de l’endroit autant que celui-ci a profité d’eux . Aujourd’hui Gordes m’intéresse moins, trop de monde, trop de richesse exposée attirant les regards indiscrets. Le village est toujours superbe, mais d’un autre genre, trop apprêté, je préfère son voisin St Saturnin.

En début d’après midi j’avais repéré ce couple se promenant tranquillement dans les ruelles du village. J’avais été attendri par la délicatesse de leurs échanges et par la paix qui  se dégageait d’eux. Je n’ai pu, plus tard, renoncer à les photographier alors que nous occupions la table voisine à la terrasse d’un bar. A voir autant de quiétude ma permis de réhabiliter  un peu l’endroit, on y trouve des gens heureux, il donne encore de la joie. Il ne restait qu’à les peindre.  

 

 
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Luberon, Gordes, une terrasse


 

Sur la place à coté du chateau : une terrasse.


Dur travail, peindre des personnages en situation n’est pas mon habitude et je ne me sens pas compétant pour le faire, mais il faut bien essayer. Le challenge est de rendre l’impression qu’ils me donnaient et qui me laissait à penser que j’aimerais bien, dans quelques années, leur ressembler. Les choses se sont plutôt bien présentées. Le fond a rapidement pris sa place, les personnages aussi. L’ambiance y était mais j’ai calé sur le visage de cette malheureuse dame que j’ai estropié par un masque inexpressif. J’ai bien cru que j’allais en crever le papier. Dix fois j’ai recommencé mais rien à faire. Qu’elle me pardonne. 

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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