Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
  Luberon: Le retour.
De l'autre côté de l'Aigue Brun, faisant face au fort de Buoux, un plateau s'étire depuis le village jusqu'à Saint Saphorien. Sur le versant sud, au-dessus des falaises qui dominent la rivière, l'érosion à laissée à mi-pente, de grandes plaques de roche effritée presque plates, semées de nodules de concrétions mystérieux, posés là par quelque main magique comme pour tracer un chemin sans savoir d'où il part ni ou il mène. C'est pourtant là que la promeneuse experte du Luberon aime s'égarer. C'est au bord de ce chemin de titan qu'elle trouve les plus secrets vestiges oubliés d'ancêtres depuis longtemps disparus. Une borie, un mur divinement monté de pierres sèches, des rigoles creusées dans la roche pour tirer l'eau jusqu'à un bassin taillé dans la pierre, caché dans les broussailles. Par moments, des vapeurs enivrantes de thym et de romarin,  écrasés par son pas de la randonneuse montagnarde, envahissent l'atmosphère, répandent des effluves d'essence rares et odorantes, portées par la chaleur montant de la dalle. Le soir s'annonce par des rougeurs flamboyantes. Quelques lapins s'attardent sortis des fourrés pour voir quelle est cette intruse qui ose venir dans ces endroits si reculés, habituellement complètement délaissés par les hommes en dehors des périodes de chasse et de récolte des truffes. Quelle est cette belle femme solitaire si décidée ? Ils sont étonnés par son pas régulier et vif qui semble nullement gêné par les touffes et autres ronces qui tentent de lui barrer le chemin pour qu'elle renonce à aller plus loin. Ils se rendent bien compte que rien n'y fera. Il faudra accepter de faire avec elle, alors, un peu dépités, ils s'éloignent en quelques bonds pour rejoindre des cachettes plus sûres. La marcheuse est sur le retour. Encore quelques kilomètres et elle sera rendue à son refuge au fond du vallon derrière le château, là ou il n'y a plus de route, là ou seuls les ânes du Jâs viennent paitre et entretenir les collines sous les piaillements des aigles de Bonelli qui ont pris résidence dans les roches en face de la maison. Elle sait déjà qu’elle pourra se reposer sur la terrasse encore ensoleillée, en mordant un morceau de bon pain couvert d'une épaisse tranche de fromage de chèvre arrosé d'un verre de Vionier  bien frais. À cette pensée son pas semble se faire plus léger encore, plus rapide peut-être, serait elle gourmande ?
 

 
Retour

luberon: Le retour


 
L'aquarelle: J'étais parti pour faire une aquarelle plutôt classique et mon papier s'est mis à plucher et à absorber toute la couleur sans aucune possibilité de maîtriser quoi que ce soit , alors j'ai décidé de jouer le tout pour  le tout, j'ai crée un ciel avec un couché de soleil  pour donner une ambiance et rattraper un peu les choses.  Pour moi, tout travail produit quelque chose qui augmente mon expérience et m'exerce. Au bout du compte si l'ensemble ne me fait pas vibrer, certaines parties de la peinture m'intéressent néanmoins.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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