Carnet de voyage


   
 
 
   
       
 
 
 
   
 

L'aquarelle :  la place de Roussillon

Cette place me fascine depuis longtemps, les volumes sont élégants, une forme carrée inondée de soleil, ambiance qui fait oublier le caractère  touristique du lieu.  On y arrive après avoir cheminé dans la rue principale ou l'on a  du faire bien des efforts pour ne pas  se laisser  tenter par les mille objets présentés  aux touristes dont je fais malheureusement partie. D'un coup, nous quittons l'ombre pour nous retrouver aveuglé par l'éclatante luminosité du lieu.  La place est presque carrée insérée comme un bijou dans un écrin de façades colorées. J'aime me poser là devant une grenadine ou un menthe, pour faire joli et attendre que le temps passe en rêvant  laissant mon regard vagabonder d'un coin à un autre, d'un passant à un autre,  d'une fenêtre à une porte.    Les crépis de cette demeure sont usés lavés par toutes les saisons  qu'ils ont du endurer, le rose jouxte des ocres rouges, plus denses, les portes  et les fenêtres closes laissent une part de mystère. Que cache cette grande façade? De quoi a t-elle pu être témoin? Combien de mains aimantes, ou d'autres peut-être plus hostiles ont du tourner cette grosse poignée et pénétrer dans cet intérieur que je ne connaîtrai jamais. Aujourd'hui le charme est un peu rompu, un aménagement de la place en perturbe un peu l'équilibre. C'est dommage.

 A quelques mètres de là, il y a longtemps, j'ai découvert la délicate attention d'un villageois qui a fait de sa lucarne une vitrine chargée de messages à qui voudra bien prendre le temps de la lire. Les décores ont parfois changé. J'en fis une aquarelle. Découvrez la sur ce site.

A quelques pas, une porte médiévale ouvre une ruelle vers l'oppidum. De cet endroit le village rayonne de toute sa splendeur, l'oeil peut se promener sur les falaises d'ocres, sur les toits, sur les massifs qui s'étagent jusqu'au ventoux ou qui rampent vers Gordes. Les contrastes hurlent de plaisir. Le rouge ocre flatte les verts printaniers, les volets bleu ciel se noient dans de tendres roses. A mon dernier passage, j’y ai rencontré un homme rare. Il est des ces vieilles personnes dans l’âge qui ont gardé une force majestueuse,  digne, gaie, pleine de vie qui force l’admiration. De plus ce grand gaillard breton séduit encore par son charme toutes les femmes qu’il croise. Ce fut un grand moment, furtif, unique, comme ça lâché  au vent. Merci monsieur Lehenaf. Longue vie a vous. 
 

 
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Luberon, Roussillon, l'apéro


 

J'ai voulu faire cette aquarelle à partir d'une photo prise il y a déjà des années. Mon option était de rendre à cette place sa lumière et son caractère typique et unique d’autant quelle n’existe plus avec cette intensité. La place est inondée de lumière. Le quadrillage du sol renforce l'effet de profondeur. La maison après quelques couches d'ocre sur un fond de rose arrive à rendre ce que je voulais. J'aime bien l'effet du crépi  encore dans l'ombre à peine léché par la  lumière rasante du soleil. Les fauteuils de plastic rouge soulignent la gaieté de l'ensemble en relevant le ton du reste de la peinture. Les personnages renforcent le coté humain, bien qu'ils soient assez peu expressifs. A une table il y a mes amis et mes enfants. Nous gardons tous un souvenir fort de ce moment. J’ai mélangé un travail humide sur un papier humide et quelques retouches sur du sec pour donner du relief. Je me suis bien amusé.

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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