Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 


Sivergues

Ici s’arrête la route, bout du chemin, bout du monde.

Haut lieu de l’histoire, bien avant le moyen âge, les hommes s’y installèrent taillant le rocher pour y faire des abris. Plus tard, les bâtiments s’appuyèrent sur ces ébauches. Le hameau traversa le temps et les siècles. Quand je le découvris dans les années 70, il était encore habité par des paysans austères discrets d’un caractère trempé dans le fer aussi dur que le vent, aussi pointus que la lumière. Ils élevaient leurs abeilles à mains nues, avec les gestes précis et lents qui avaient  un ton d’éternité. Pourtant ils ont tous disparus. Les derniers furent ceux, je crois, de cette maison. Je me souviens que sur l’ère de battage du village était resté là comme si le temps n’existait pas, le rouleau de pierre qui servait à séparer le grain. Le village était ouvert à la rencontre. La fin de la route est trompeuse puisque depuis les romains, elle mène jusqu'à Vaugine. Plus haut derrière un pli  se cache le Castelas  et Gianni son propriétaire Sarde, qui est aujourd’hui un des plus anciens du coin. L’homme est rare, il transmet avec art et force la culture  et le fruit de son métier : chevrier, même s’il est rattrapé aujourd’hui par le succès touristique de son gîte et de sa table.

 


 

 

 
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Luberon Sivergues


 

L’aquarelle avait pourtant bien débuté, j’étais ému de me trouver face à la réalisation de cet endroit dont je voulais rendre l’ambiance qui me charmait et d’un coup ce fut le massacre, le parterre de fleurs violettes qui se répandait comme une couverture subtile, s’écrasa sur le papier d’une façon si uniforme et intense que je ne pus rien y faire. Voila comme on perd une aquarelle. J’aime pourtant le mouvement du vent dans le feuillage et quelques traits du bâtiment et du mur.

On apprend autant de ce que l’on ratte que de ce que l’on réussit.

 

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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