Carnet de voyage


  Bord d'Ognon un matin de 25 Décembre.
Tôt le matin, je errais à travers la campagne pour effacer les excès de la veille. Le soleil  semblait aussi perturbé que moi et peinait à se lever. Un froid sec pétrifiait la nature dans une gangue de givre. Dans les marais près de la rivière, des hordes de sangliers se déplaçaient  à travers les joncs rompant la glace sous leurs pas créant ainsi un concert musical surréaliste qui troublait d'un coup le silence qu'aucun oiseau , qu'aucun chien, n'avaient encore osé interrompre. Le soleil émergeait timidement au dessus des brumes froides qui dessinaient pour un instant des mondes imaginaires se dissolvant sitôt qu'ils apparaissaient. Combien de châteaux, d'animaux fantastiques, de bateaux fantômes, se succédèrent là de l'autre coté de la rivière? répandant leurs flots d'angoisses, me donnant parfois l'envie de prendre mes jambes à mon cou. A certains moments, nous sommes plus près de l'Oural que du Jura, ce pays prend des ères sibériens  qui nous forcent à sortir de nos repères pour coller à cette réalité exotique. Le comtois n'est pas un homme ordinaire. Trente degrés sous zéro , ne lui font pas peur, au contraire,c'est là qu'il se sent vivre,  son œil  n'en est que plus limpide encore, s'accompagne d'un petit sourire de conquérant un peu fière d'avoir ce privilège de jouir de tels moments d'exception.
 

 
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Peinture de Franche Comté: Lever de soleil sur l'Ognon


 
L'aquarelle . C'est l'exemple même de l'aquarelle qui se construit par plans successifs en négatif. On commence par les blancs , les estompages, les ombres, les lointains, enfin la barre d'arbres et le soleil. C'est une sorte de film qui se déroule ainsi, opération, par opération, doucement. Le peintre s'en trouve envahi, absorbé par la profondeur de sa page. C'est une grande jouissance.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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