Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
 
 
 
   
 

Dans les gorges de l'Aigue Brun, les falaises de roches martyrisées se dressent comme des murs infranchissables, renvoyant le promeneur vers les abimes sombres du lit de la rivière. La paroi usée par le vent, fendue , éclatée de mille saignées jusqu'à de grandes crevasses verticales qui dans leurs profondeurs obscures semblant cacher un autre monde, laissent parfois au milieu de cet austère paysage, éclore par miracle , une merveille que seule la nature est capable de nous donner. Là, une graine, un jour, trouva juste ce qui lui fallait pour germer et éclore d'un arbrisseau. C'était déjà un miracle et l'on ne donnait pas cher de sa persistance, et pourtant, sans que l'on puisse imaginer où ses racines pouvaient trouver de quoi le nourrir, l'arbre persista d'années en années. Bien lentement, il faut en convenir, mais pour un arbre, le temps lui est- il compté?

Quel spectacle? Quelle leçon? Pour nous visiteurs toujours trop pressés pour nous arrêter devant quelque chose d'aussi banal et même temps d'aussi fabuleux. Ça nous renvoie à nous-mêmes, insatiables insatisfaits de notre condition, alors qu'on est tellement privilégiés dans notre monde occidental. C'est comme pour cet arbre, il nous arrive de voir des hommes, les plus simples qui soient, vivant dans les endroits les plus reculés, dans des déserts perdus ou rein ne pousse, ou presque, qui vivent de rien et qui sont pourtant animés d'une générosité, d'une ingéniosité, d'une gaité telle, que leur exemple nous bouleverse, nous montre la vraie face des choses qui nous échappe . Ou est la vérité, Ou est le bonheur?

 

 
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Peinture de Provence:Buisson


 
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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