Carnet de voyage


  L'hôtel Weisshorn

L'hôtel Weisshorn est un haut lieu du Valais, un mythe. Construit  de pierre et de bois en 1882 , ravagé par un incendie puis reconstruit totalement en pierre, il trône sur son balcon à 2337 mètres, au dessus du val d'Anniviers à l'extrémité nord des pointes de Nava, dominant Vissoie, St Luc et Grimentz. Il se dresse seul dans un paysage grandiose, magique même. Le revers du Touno dresse une falaise aussi verticale que plissée avec une arête festonnée qui descend comme  pour souligner la présence de l'hôtel.   Il paraît perdu dans ce décor, ce qui lui donne un caractère d'exception chargé de mystère et d'histoire. Les matériaux de construction furent acheminés par des mulets. A l'origine l'accès ne se faisait que par un sentier depuis Vissoie, puis depuis St Luc quand la route fut construite. François Mosoni son propriétaire l'imagina pour développer le tourisme naissant autour de la découverte de la montagne qu'il avait constaté  avec le développement de Zermatt. Il avait très justement remarqué que le val d'Anniviers avait des atouts exceptionnels pour satisfaire les aventuriers anglais passionnés de terres de légendes et de sommets perdus dans les nuages. Il fut d'abord exploité dans la pure tradition anglaise avec tenue de soirée obligatoire le soir, fumoir, jardin botanique et baignade dans les lacs d'altitude. A travers son histoire s'il accueillit tant d'inconnus, beau nombre d' hommes illustres y vinrent s'y ressourcer. On dit que Hergé en tira des scènes de « Tintin au Tibet » Hemingway y serait aussi  passé;   L'hôtel connut un destin mouvementé, alternant succès, abandons et renaissance. Aujourd'hui c'est un lieu connu du monde entier, l'hôtel bien que réaménagé, garde un coté désuet  avec des planchers penchés  qui craquent , des murs  badigeonnés , un décor , un peu à l'Agatha Christie, un salon avec piano , vieux canapé  et vestige du dispositif  ancestral  en cuivre de chauffage de l'eau de salle de bain. Qu'on s'y sent bien derrière ses murs épais qui protègent du froid en hiver. Qu'il fait bon, été comme hiver, sur sa terrasse inondée de soleil. Que c'est bon d'y déjeuner devant les grandes baies qui donnent sur la vallée. J'y suis allé des dizaines  et des dizaines de fois  et à chaque fois j'y ai trouvé la paix, la sérénité, l'extase, rehaussé encore  par l 'émotion bouleversante d'un site sublime  et d'une tarte aux myrtilles inégalable .
 

 
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Peinture du Valais: L'hôtel Weisshorn en septembre


 
L'aquarelle: Les tons changent en permanence mélangeant l'orange , le fauve et le pourpre. J'ai eu une vrai fébrilité à faire  la falaise du Touno  ou contrastent ombre et lumière .  Ce fut un vrai défit de planter sur mon papier ce décor irréel d'une fin d'après midi. Je suis à la fois satisfait et déçu . J'aime beaucoup l'arrière plan et beaucoup moins le premier plan. J'ai longtemps été gêné par la partie médiane droite  qui s'est en fait résolue d'elle même. Le coté équilibre dans le grandiose me plait bien .
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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