Franche Comté en automne
Si l’été est souvent écrasant avec de fortes températures qui masquent toutes les couleurs et toutes les perspective, dès qu’arrive septembre les atmosphères changent vite puis savent traîner gentiment, parfois sur plusieurs mois. Les nuits d’un coup se rafraîchissent. Les matins tirent de longues bandes de brume, l’éclat de la lumière s’accentue chaque jour un peu plus en même temps que les couleurs virent vers des tons d’automne. Les verts perdent de leur densité et retrouvent pour de frêles instants des tons plus doux mêlant jaunes, verts, pailles, oranges, rouges. Du catalpa, à la vigne, de l’érable au marronnier, les feuilles s’enflamment. A la lisière des bois l’herbe accentue sa verdeur comme une défense à cette agression des jaunes. C’est le temps des grandes ballades dans le jura, dans les cotes de Saône, dans les monts de Gy, au milieu des noix, des pommes, des cornouilles. De temps à autres, un bruit sourd claque effrayant mon chien qui me rappelle qu’il faut de méfier des chasseurs. Des cercles de givre tracent des anneaux opales autour des buissons, alors que sous la feuille déjà tombée, les cèpes et
| style=""> les trompettes attendent que le je les ramasse. La Saône fume et s’enveloppe d’un voile vaporeux qui lui fait perdre ses limites. Elle se met à errer à travers la plaine. Tantôt émerge comme un vaisseau fantôme, la toison enflammée d’un grand arbre solitaire. La foret n’est pas en reste. Enfin le soleil arrive à percer et inonde les fûts jusqu’au sol, les grandes graminées et les fougères. Mille taches impressionnistes donnent à la nature l’ambiance qui inspira Renoir, Matisse, et les autres. Chaque sortie est l’occasion d’imprimer sur mon numérique toutes ces merveilles. Combien de fois, me déplaçant en voiture, je me vois faire demi tour pour rattraper un instant fugace, vite dépassé par la vitesse, mais trop beau pour que je l’abandonne. Chaque heure chaque instant peut être magique, merveilleux. Profitons en, la pluie ne tardera pas bien longtemps et recouvrera de son rideau de deuil, entraînant dans l’oubli des ténèbres, le film inachevé de ce grandiose épanouissement de la nature. De par sa diversité, les climats, les lieux, les sols, les altitudes, la franche Comté offre un miracle d’esthétique, un équilibre chromatique parfait et grandiose. |