Carnet de voyage


   
 
 
   
       
 

Le petit village adossé au plateau d’Albion semble se mettre en scène  au milieu de sa végétation méditerranéenne face à son énorme croissant d’ocre que représente le Colorado provençal. Inondé de soleil, poudré d’or, il contraste  en permanence avec le milieu de terre rouge qui lui fait face. Tantôt mangé par la lumière, tantôt ruisselant de tonalités vives, il ne peut plus s’extraire de son environnement et de son héritage. Le château en témoigne. Vieille sentinelle, il garde les autochtones des nouveaux prédateurs : les touristes. Ici pas de clinquant, les choses sont restées simples, rurales, un peu secrètes mêmes, mais pour celui qui sait attendre il trouve miraculeusement le trésor dans les heures d’ouverture de la boulangerie ou se retrouvent toutes les âmes des environs et ça c’est la vie. Gaîté de phrases qui courent comme des dentelles et qui raisonnent contre le plafond de l’échoppe se mariant au parfum profond du bon pain encore chaud. Attention là vous êtes dans le sanctuaire  du pain, le meilleur au monde c’est sûr, alors ça fait causer. 

 

 

 
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Provence. Rustrel


 

Rustrel  en Luberon

 

Concevoir cette peinture n’était pas facile. Comment donner l’ambiance dans ce contraste et en faire quelque chose d’uni ? Ai-je réussi ?      En tout cas j’ai aimé la réaliser. Quel plaisir ? quelle ivresse de doser les tons, les appliquer avec angoisse en craignant de tout rompre. Risque d’un vert trop froid, risque d’un jaune trop cru et l’additif va-t-il enrichir le mariage ou le tuer ? Jusqu'à la dernière application  de jus, tout pouvait basculer. A un moment, il faut avoir la sagesse d’arrêter et de ne plus rien ajouter. Cette aquarelle se joue aussi sur le fond en arrière plan du village. Il le fallait présent, distant, comme un trait qui souligne, qui met en valeur sans écraser..

 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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