Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
 

Qui n’a pas vu Bonnieux en matinée  au printemps ne peut pas comprendre pleinement ce qu’est la magie  du Luberon qui joue avec vous alliant éclat, violence et douceur à la fois. Dès le matin, le village prend vite la lumière et celle-ci va glisser en lui tournant autour, jouant  des ombres, des murs et des façades. Je peux m’y poser et regarder des heures.  En remontant depuis le bas du village par la rue sous les remparts, on a le temps de s’imprégner de ce contraste entre pierres brulante  en amont et jardins  verdoyants en aval. La pente peut être un peu éprouvante d’autant que les platanes ne répandent pas encore leur feuillage protecteur. Une grosse bâtisse au bout du chemin, l’école des filles,  trônant  avec autorité,  domine le vallon. De larges lucarnes s’égrènent en collier tout autour du bâtiment  juste sous le toit au dessus des immenses fenêtres lui donne une allure de jeune fille un peu guindée. Un vieux crépis ocré rayonne  de tous ses feux. Un vrai  jardin de curé rebondit de terrasses en terrasses invitant à la flânerie entre les buis, les arbres et les fleurs mélangées qui se sont sauvagement ressemées. les cyprès ponctuent les passages.    Une large terrasse éclaboussée de soleil  se termine en bout  par une tonnelle couverte de glycine. Celle-ci au printemps, par le mouvement de ses énormes grappes ballottées par le vent, prend des allures de torrent  déferlant  de mauves, de violets, de blancs. La lumière arrivant de face en augmente encore  la transparence et le volume tandis que le fond du vallon et la colline d’en face, se perdent dans une ombre épaisse et mystérieuse, entre les  grands bras des cèdres  qui doivent bien cacher quelques déesses un peu jalouses de tant de beauté. Un voile de chaleur en estompe les traits. Extase….

 

 

 
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Provence,la glycine de l'école des filles


 
 J’ai déjà fait deux aquarelles de cet endroit (Au long des jardins) et (Bonnieux : l’école des filles)   j’en ferai sûrement encore  d’autres. La magie opère à chaque fois  et m’enivre. J’avais remarqué ce jeu de lumière j’avais senti ce moment si délicieux, j’étais revenu plusieurs fois pour y goutter. L’aquarelle s’est imposée d’un trait le décors s’est posé tout naturellement mais les limites de ma peinture m’ont vite rattrapé et ramené à plus de modestie. J’aime le fond, j’aime le climat général, je suis un peu déçu par la glycine dont je n’ai  pas su rendre le volume  et l’ampleur. Dommage…Il me faudra encore bien du travail pour me voir satisfait,   tant mieux
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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