Carnet de voyage


   
 
 
   
       
   
 
 
   
       
   
 
 
   
      
  A peine arrivé de Besançon, je me précipe en ville.  Je ne résiste pas à l'attirance de cette ville magique. C'est par cette belle fin d'après midi sous une belle lumière dorée que la balade commence. Les visiteurs de Venise se plaignent souvent du monde, comment pourrait il en être autrement. Venise vide aurait elle un sens? C'est la ville des contrastes. Du monde, de la foule, il y en a, toutefois au détour d'un coin de rue on trouve aussi le calme, voir la solitude. Ce canal endormi en témoigne. Venise est aussi le contraste des couleurs : du ciel bleu au gris verdâtre de l'eau, des crépis ocres, rouges, beiges, aux reflets des persiennes vertes, des bâches des bateaux, sur les canaux. Le luxe côtoie la misère, le noble se marie au plus modeste, la pierre taillée s'appuie sur la brique rouge, des cascades d'arcades font face à de grands murs vides, les palais s'empilent comme des maisons de banlieue, tandis que le grand canal déverse de tous sens la foule agitée a peine extraite de ses vaporetos. Les parfums de la vie se mélangent à l'acre odeur des moisissures moribonde. L'ombre et la lumière se font la guerre. Magie encore magie: plus je vais à Venise, plus Venise m'attire, me fascine. Alors je me laisse porter, je flâne, je rêve, je déambule hors du temps, avec Corto Maltès, avec tous ces peintres que Venise à fait travailler, avec toutes ces générations qui la hante. Venise c'est aussi le voyage. Cette ville s'est faite sur l'ouverture au monde par le commerce. Les quartiers diffèrent comme nul part ailleurs. L'eau mène toujours quelque part, débouche sur la lagune, une autre ile, puis l'Asie, l'Orient. Qu'auraient ils fait de l'Amérique? Qu'en auraient ils rapporté ? Venise est féminine c'est le charme, la beauté d 'une belle rousse. Elle séduit, voluptueuse et maligne, elle envoute et perd le pauvre touriste naïf. C'est trop bon . Demain j'y reviendrai....  

 
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Venise: Le canal assoupi


 
L'aquarelle

Le dessin fut difficile pour un amateur comme moi. Belle leçon de perspectives et de lutte avec la ligne d'horizon.. A un moment il faut bien passer à autre chose. Là ce ne fut pas plus facile. Donner de la profondeur dans ces circonstances et un vrai défit. Densifier les plans, trouver une logique de réalisation pour les reflets de l'eau. A chaque fois je dois réinventer car mon peu de pratique me fait oublier la technique que j'avais pu utiliser une fois précédente. Je suis mitigé devant cette aquarelle. Elle a des choses que j'aime bien d'autres moins. Il me semble qu'une unité s'en dégage qui est bien vénitienne, endormi, cet endroit l'est bien , le soleil l'écrase.
 

Jérôme Boillot, tous droits réservés
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